EDITO
IMPLOSION INÉGALITAIRE ET CLIMATIQUE OU SURSAUT COLLECTIF ? QUE VOULONS-NOUS ?

Nous avons tous vécu un été caniculaire, vu des images des incendies violents dans des régions inhabituelles (Suède par exemple), des inondations ravageuses (Corse, Japon, Thaïlande, Inde), de typhons, d’ouragans, de disparitions d’espèces.
La question du réchauffement climatique apparaît enfin prioritaire.
Différents rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) analysent et proposent des solutions depuis 1990.
I l y a eu l’accord de Paris en 2016 (Cop 21), la Cop 22. Nombre d’associations et de mouvements (dont Attac)alertent,mobilisent, proposent des alternatives pour éviter un désastre humanitaire global qui touche déjà les plus démuni.es. Et pourtant en France, en 2017, au lieu de diminuer, les émissions de CO2 ont bondi de 3,2% (1,8% en Europe).La facture énergétique a augmenté de 23%, alors qu’elle avait baissé de 56% entre 2012 et 2016.* « bilan énergétique de la France métropolitaine en 2017, données provisoires »
Entre autres, Mr Macron a choisi de mettre des cars sur les routes plutôt que d’investir dans le transport ferroviaire (sacrifié) ou fluvial (sous-utilisé).
Et pourtant, croissance et concurrence restent pour le moment les totems de nos gouvernants : cette politique ne fait qu’accroître les inégalités, détériorer les conditions de vie, l’environnement en France et dans le monde, au bénéfice du monde de la finance, des multinationales et au détriment de la vie même.
Localement par exemple, contre les conclusions des études d’experts sur la pollution de l’air et possiblement de l’eau, contre l’avis d’élu.es et de la population, la société Heidelberg Cément/Calcia poursuit le projet d’agrandir les carrières sur les terres agricoles des communes de Brueil et Guitrancourt dans le Vexin.
Un été d’intolérance, de mépris et d’arrogance : au-delà des petites phrases provocatrices du président, ne nous laissons pas manipuler par le silence assourdissant du gouvernement français en juillet, quand l’Aquarius a voulu débarquer des migrants que l’Italie refusait d’accueillir, ni par les mesures à court terme prises envers eux. Il est nécessaire d’analyser et de comprendre les raisons actuelles de ces arrivées (guerres, accaparement des terres, famine), et celles à venir (migrations climatiques) afin de mettre en place dès maintenant des solutions durables et humaines.
Un été de défense de passe-droits. En effet, Mr Macron et son entourage, n’ont cessé de tenter de nous faire croire que l’affaire Benalla était un non-évènement.
Pourtant, celle-ci illustre les dysfonctionnements graves de l’appareil d’Etat. Cette affaire se poursuit et montre la volonté de ce gouvernement de s’attaquer à la séparation des pouvoirs législatif, judiciaire, exécutif, qui est essentielle (même si non suffisante) à un système démocratique.
La rentrée est chaotique, on parle d’une vraie crise politique. Le remaniement ministériel bâclé, la forte perte d’audience du président attestent d’une grande colère de la population. Les plans (plan pauvreté, plan santé, plan éducation, retraite...) s’empilent sans concertation, dans le but de faire des économies, toujours et encore sur le dos des salarié.es et des usagers, et d’affaiblir les solidarités constitutives de notre système social.
Les mesures de répression (maternité Du Blanc à Châteauroux, manifestations écologistes à Bure ou celles de soutiens aux réfugiés, les perquisitions à grand renfort policier à la France Insoumise - quoiqu’on pense de son leader - deviennent les seules réponses.
Inquiétant pendant que les réseaux fascisants et racistes tentent de relever la tête, encouragés par de plus en plus de gouvernements adeptes de cette idéologie nauséabonde.
Du côté des femmes, de par le monde, y compris en Europe, leurs droits ne cessent d’être attaqués (droit à l’avortement, violences...).
De fortes mobilisations s’y opposent (Pologne, Maroc).
En France, elles ont été nombreuses à se lever sur la question du climat.
Dans le 78, restons combatifs avec notamment l’association AVL3C et d’autres collectifs alternatifs, partout où les autorités essaient de promouvoir, de soutenir des projets qui vont à l’encontre de notre santé, de notre futur sur cette planète ; avec le Réseau d’aide aux migrants R.amy pour promouvoir un accueil humain et solidaire à ceux qui sont placés et déplacés dans les structures ; avec notre association Attac mobilisée activement contre les pratiques des banques qui maintiennent leurs paradis fiscaux, une des causes de l’austérité imposée par l’UE, des dégâts du climat et du maintien voire de l’accroissement des inégalités.
Dans les semaines à venir, informons-nous et réfléchissons aussi sur la question de l’Europe que nous souhaitons.

Gestion2, 9 novembre 2018