La dernière "Lettre d'ATTAC 78N"
PETITION
 (1er avril 2019)

Samedi 23 mars, Geneviève Legay, 73 ans, porte-parole d’Attac 06, a été grièvement blessée par une charge policière, lors de l’acte 19 des gilets jaunes à Nice. Lundi 25 mars, le procureur de la République de Nice a affirmé que Geneviève Legay « n’a pas été touchée par des policiers. », une affirmation reprise par le ministre de l’Intérieur et le Président Emmanuel Macron. Dès le mardi, cette version des faits a été remise en cause par plusieurs médias à partir d’une analyse des différentes images de la scène. Vendredi 29 mars, le procureur de la République a finalement admis que c’est bien un policier qui a provoqué la chute de Geneviève Legay en tentant de renvoyer la responsabilité à cette seule « initiative personnelle condamnable » .

Nous, signataires de cet appel, dénonçons les contre-vérités et les contre-feux qui visent à dédouaner l’État, les autorités locales et les forces de l’ordre de leurs responsabilités dans les très graves blessures de Geneviève Legay. Nous souhaitons obtenir toute la vérité sur les circonstances de cette violente agression.

Comme de nombreuses organisations du mouvement social et citoyen, ainsi que plusieurs institutions internationales dont l’ONU, nous nous inquiétons des violences policières qui se multiplient depuis plusieurs mois en France à l’égard des manifestant·e·s. Des milliers ont été blessé·e·s, des dizaines ont perdu un œil ou une main, du fait des consignes et des armes mises à disposition des forces de l’ordre par les pouvoirs publics.

Ces violences ne sont pas nouvelles et sévissent dans les quartiers populaires depuis de trop nombreuses années. Leur diffusion dans la gestion des manifestations est un prolongement d’une conception répressive du maintien de l’ordre. Elles prennent une ampleur considérable, accompagnée de décisions au plus haut niveau de l’État qui restreignent toujours plus le droit de manifester.

C’est contre cette situation que Geneviève Legay souhaitait manifester, pacifiquement et avec sagesse, munie d’un drapeau arc-en-ciel « Paix ». Cela lui a valu plusieurs fractures du crâne, des hématomes sous-duraux et cinq côtes cassées.

Nous demandons aujourd’hui :

  • la démission du procureur de la République de Nice, qui a menti en affirmant que Geneviève « n’a pas été touchée par des policiers » et qu’« il n’y a eu aucun contact direct entre un policier et cette dame » ;
  • la démission du préfet des Alpes-Maritimes, qui a donné l’ordre et a déclaré que Geneviève « a été poussée dans le dos, non pas directement par un membre des forces de l’ordre mais par des personnes reculant dans un mouvement de foule » ;
  • la démission du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui a donné les consignes et s’est félicité que les « consignes de fermeté ont été respectées » ;
  • le dépaysement sans délais de cette affaire , car elle ne peut être instruite sereinement à Nice dans ce contexte ; et que soient garanties les conditions de l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion.
Documents associés à l'article
Les anciennes "Lettre d'ATTAC 78N"
 (28 novembre 2005)

Croyant s’exprimer sur une télévision américaine, Patrick Balkany a affirmé qu’"il n’y a pas de misère en France" et que les pauvres "vivent très bien".

Le maire UMP de Levallois Perret a été piégé par les Yes Men -un groupe d’altermondialistes spécialisé dans le détournement- lors d’une émission réalisée pour Karl Zero, producteur du "Vrai journal" de Canal+, mais jamais diffusée.
Patrick Balkany a en effet participé à un "duplex" censément organisé par la chaîne "CapitolOne" pour son émission "Politics Prime" consacrée aux violences urbaines. En fait, la chaîne et l’émission n’ont jamais existé et le journaliste n’est autre que l’un des Yes Men, Andy Bichlbaum.

Celui-ci interroge le maire de Levallois-Perret sur le fait que, lorsqu’on se ballade à Paris, on ne voit quasiment aucun pauvre, contrairement aux Etats-Unis. Voici la restranscription texte intégrale de l’interview :

- Le journaliste : "Comment avez vous incité les pauvres à quitter les villes pour aller habiter en banlieue ?"

- Patrick Balkany : "Ce que vous appelez les pauvres, je suis désolé de vous le dire, c’est des gens qui gagnent un peu moins d’argent.
Mais comme ils gagnent moins d’argent, ils ont les même logements que les autres, sauf que eux les payent moins cher. Et ils vivent très bien. Nous n’avons pas de misère en France. Il n’y a pas ce que vous appelez les pauvres.
Bien sûr, il y a bien quelques sans domicile fixe qui eux ont choisi de vivre en marge de la société. Et même ceux-là, croyez moi, on s’en occupe : il y a des foyers d’accueil parce que en hiver en France aussi, il fait froid et il n’est pas question de laisser dehors les gens qui sont dans la misère donc nous leur donnons des asiles (...) on leur donne tout ce dont ils ont besoin. Mais ce sont des gens relativement rares qui ont décidé une bonne fois pour toute qu’ils étaient en marge de la société, qu’ils ne voulaient pas travailler ou qu’ils avaient été rejetés par la société."

A la fin de l’interview, la caméra effectue un travelling arrière, montrant ainsi que le plateau n’a rien d’un plateau télé, tandis qu’une voix off commente : "Les 10% de chômeurs, le million de Rmistes et les 86.000 sans domicile fixe apprécieront."
La séquence aurait été enregistrée pour un pilote d’une émission baptisée "Alterland" présentée par le journaliste Christophe Hondelatte mais qui n’a jamais été diffusée.
Contacté par le Quotidien Perm@nent nouvelobs.com jeudi 17 novembre, Alain Brigand, producteur à La Société du spectacle, la maison de production de Karl Zero, a exclu toutes tensions avec Canal+ à ce sujet et précisé que ce pilote a été refusé pour "des raisons artistiques". Les relations avec la chaîne "sont au beau fixe", affirme-t-il, le "Vrai journal", l’émission hebdomadaire de Karl Zero, marchant "très bien".

 (30 janvier 2006)

Signataires :
ACER (Association pour une citoyenneté européenne de résidence), ACORT, ATF, ATMF, CFDT du FASILD, CGT du FASILD, Fédération AEFTI, FTCR, Ligue des droits de l’Homme (LDH), MRAP, RACORT.

Communiqué commun
Paris, le 30 janvier 2006

Projet de loi « Egalité des chances » : de l’injustice et les mêmes boucs émissaires !

Le Gouvernement a décidé d’imposer l’urgence pour l’examen par le Parlement du projet de loi fourre-tout dit d’« Egalité des chances ». Rien ne justifie une telle précipitation si ce n’est une volonté délibérée de faire fi des avis et réserves de tous les acteurs et partenaires sociaux concernés.

Ce projet de loi ne ferait qu’accroître la précarisation, l’insécurité sociale, les inégalités territoriales et la stigmatisation des populations précaires.

C’est une régression en matière d’éducation et un outil d’exclusion des enfants en difficultés. Sans même dresser un premier bilan des dispositifs déjà existants, il refait de l’apprentissage une voie de l’échec pour des enfants de 14 ans sans prévoir la moindre aide préalable à l’orientation.

Il favorise la précarité avec de nouveaux avantages fiscaux pour les entreprises en Zus sans garantie d’emplois stables ni prévention des délocalisations d’opportunité.

C’est une reprise en main de tous les acteurs publics de l’intégration : mise sous tutelle de l’agence contre l’illettrisme, élimination d’un FASILD autonome et reconnu, dissolution de la Délégation interministérielle à la Ville. Tout cela serait noyé dans une agence aux missions les plus floues sous la seule autorité des préfets dans des quartiers jugés prioritaires. L’inquiétude est grande de voir exclue de moyens la majorité des territoires et d’y fragiliser les associations de prévention et de soutien aux étrangers.

Il revient sur la pénalisation des discriminations en écartant les juges pour favoriser des sanctions administratives prises par une HALDE naissante sans garantie des droits de la défense ni de recours.

Les familles déjà en difficulté pourraient se voir sanctionner financièrement avec la perte de leurs allocations au motif du comportement de leurs enfants. Placer les prestations familiales à la disposition des présidents des conseils généraux reviendrait à en faire un outil d’ordre public sans égalité de traitement entre les départements. Ces aides inscrites dans le système national de protection sociale seraient non seulement remises en cause dans leur fondement même, universel et systématique, mais seraient soumises aux politiques arbitraires de certains élus locaux.

Dans la même urgence et le même mépris des partenaires sociaux, le Gouvernement a décidé d’y ajouter une précarisation accrue de l’emploi des jeunes avec le « Contrat Première Embauche » qui permettrait aux employeurs de révoquer à leur gré, sans motifs ni délais, ces nouveaux salariés. Un tel dispositif revient à un emploi journalier sur deux ans maximum, bien loin d’un réel Contrat à Durée Indéterminée nécessaire à l’insertion des jeunes.

La cohésion sociale mérite d’autres réponses que de nouvelles sanctions contre les jeunes et les familles en difficulté, que la substitution des juges par les élus locaux, que la casse de dispositifs dont aucun bilan ne justifie la disparition ou la poursuite du démantèlement du code du travail.

 (22 février 2006)

Communiqué du Collectif "Pas de chances pour l’égalité"
Paris, le 21 février 2006
(Premiers membres) ACER, ACORT, CEDETIM, Intersyndicale CFDT/CGT du FASILD, FTCR, ATF, ATMF, MRAP, RACORT, CIMADE, LDH, FAEFTI...

Vous trouverez ci-joint "Une déclaration commune" autour du volet "agence de cohésion sociale" rendue publique au cours de cette réunion. Le collectif, rejoint par plusieurs associations, se réunira le lundi 27 février à 18h00 au siège de la LDH (138 rue Marcadet 75018 Paris) pour continuer la mobilisation.

Déclaration commune

Le gouvernement a présenté début 2006 un texte de loi relatif à l’égalité des chances, qu’il entend faire adopter à marche forcée. Parmi l’ensemble de mesures hétéroclites qu’il prévoit, ce projet de loi propose la refonte des outils existants en matière de soutien à l’intégration et de lutte contre les discriminations, tel que le FASILD, ou en faveur des quartiers en difficulté, comme la DIV, au profit d’une agence unique dédiée à la cohésion sociale et l’égalité des chances, aux contours et aux modalités d’intervention mal définies

Tenus à l’écart de toute concertation autour de la création de cette agence, nous, acteurs de terrain et représentants de la société civile manifestons nos plus vives inquiétudes quant à la mise en place de cette structure.

Nous déplorons les risques encourus de voir abandonner ou disparaître :

  • les espaces de concertation et d’échanges croisés entre chercheurs, associations, partenaires institutionnels, représentants de la société civile ...
  • la production et la diffusion de connaissances, d’analyses fondamentales sur l’immigration, les zones urbaines sensibles, les processus d’intégration, la lutte contre les discriminations
  • l’expérimentation et le développement d’actions innovantes, préalable essentiel et primordial à toute forme de généralisation
    qui faisaient la plus-value du FASILD et de la DIV par rapport aux services de droit commun.

Nous redoutons que cette agence, telle qu’elle est aujourd’hui conçue :

  • ne cible que des territoires et des publics, au risque de les stigmatiser encore davantage et au détriment d’une compréhension transversale des problématiques
  • se fonde sur une déclinaison territoriale à la merci des pressions politiques locales, entraînant de fait une inégalité de traitement
  • n’aboutisse au mieux qu’à un traitement technique et comptable des enjeux et, au pire, qu’à une véritable usine à gaz dont l’opérationnalité fera défaut.

Nous alertons les parlementaires sur l’ensemble de ces risques et sur le fait que cette agence ne constitue pas une réponse pertinente et efficace à la hauteur des enjeux mis en évidence par la crise de novembre dernier.

Nous demandons à ce que l’ensemble des missions des structures existantes (FASILD et DIV) soient préservées et mises en oeuvre au travers d’une organisation qui garantisse une réelle concertation et une autonomie d’intervention (orientations stratégiques et moyens).
Nous restons pleinement mobilisés en ce sens.

Signatures des organisations à renvoyer au secrétariat du Collectif « Pas de chances pour l’égalité » : LDH - service communication, tel : 01 56 55 51 07, fax : 01 42 55 51 21, mail : communication@ldh-france.org

 (3 mars 2006)

Un hymne aux sacro-saintes Croissance et Compétitivité

Tout faire pour prouver le contraire ; tout essayer pour mobiliser ; tout mettre en oeuvre pour retrouver cet esprit de combattivité et cette solidatité que nous avons perdu.
Le groupe national VAMOS (vers un autre monde de solidarités) nous avait fait ces prières en statique devant le tribunal d’instance de Versailles le 17 novembre, jour du proçès des 9 paysans de guyancourt. Je l’avais vu aussi devant les portes d’entrée du salon de l’agriculture une de ces dernières années. Imaginez un grand prêtre en habit couleur pourpre semis religieux/semis cagoule, devant un parterre d’un groupe de personnes assis en arc de cercle, sermonant ces prières suivantes :

Pas un seul petit sou me reste
J’ai déjà tout consommé
Le crédit c’est pour moi funeste
Je ne peux plus rembourser

(refrain) Oh, pays de détresse
Où nous devons sans cesse
Consommer
Consommer

Pas un seul petit sou ne tombe
Sur mon compte vidé à sec
Les poches vides je regarde en vain
Vos vitrines remplies de tout

(refrain)

Les riches ils consomment sans peine
Les profits vont dans leurs poches
Nous les pauvres somm’ dans la misère
Et votre monde nous convient pas

(refrain)

Mais un jour les précaires ensemble
Changeront ce monde là
Plus de peine et plus de misère
Toute la terre sera à nous

Oh, monde d’allégresse
Où nous pourrons sans cesse
Penser
Aimer

A chaque arrêt, prière, à genoux sur le trottoir,
sous les yeux amusés des passants qui ont très bien accueilli le tract
« Le précaire et le nénuphar ».
Monoprix, les Nouvelles Galeries et Intersport ont même eu droit
à la prière à l’intérieur de leur magasin. Acheteurs et vendeurs d’abord
ébahis puis amusés, l’accueil a été en général très positif
(même le vigile d’Intersport était plié en deux !).
Seul le directeur de Monoprix n’a pas apprécié :
- « Vous n’avez pas le droit de rentrer dans mon magasin »
- « Ah, c’est un magasin où on n’a pas le droit d’entrer ? »
- « Non pas comme ça, et il ne faut pas chanter ! »
- « Ah, on ne peut pas chanter dans un magasin ? »
- « Non, pas en groupe ! »

Des stations ont été ajoutées au parcours.
Ainsi le MEDEF a eu droit à sa halte particulière avec deux prières :

Je vous salue, Patrons, pleins de graisse
Vous êtes bénis entre tous les maîtres
Et le Capital, fruit de vos entrailles, est béni
Que votre règne dure mille ans
Que vos intérêts soient nôtres
Au travail comme à la maison
Pardonnez nous nos désirs de liberté et de paresse
Comme nous vous pardonnons de nous exploiter comme des chiens
Car c’est pour notre bien
Au nom du pèze, du fric et du saint-bénéfice...
Délivrez nous de nos rêves !
Amen

Gloire à toi, précarité
Toi qui sait rendre nos lendemains incertains
Toi qui place chaque nouveau jour
Sous la menace de la misère, de l’expulsion et du découvert
Toi qui as su nous faire comprendre
Que tout travail est bon à prendre
Gloire à toi, qui nous offre
Des boulots de merde payés de miettes
Des contrats nouvelle embauche et des chasseurs de tête
De CDD en contrat d’avenir, d’intérim en stage bidon
Tu nous mènes vers la soumission
Sans toi, ni croissance, ni profit
Alors vive le plein emploi précaire
Avec toi c’est pour la vie
Alléluia !

Un magasin de téléphonie mobile a eu aussi droit à un arrêt des fidèles :

Ô Téléphone portable
Toi qui connecting people
Toi qui me permet d’être mobile et traçable à tout instant
Et de joindre mes amis à tout moment
Garde nous des pannes de batterie
Ô range, Ô SFR, Ô Bouygues
Vous qui savez si bien accorder vos tarifs
Pour la sainte concurrence, libre et non faussée,
Permettez à mon patron de me téléphoner et ça, j’aime
Pour mieux me protéger des grasses matinées,
des soirées arrosées et de l’ oisiveté
Ô antennes relais GSM
Toi qui promets nos chérubins à des années d’IRM
Tu leur permets aussi de nous appeler en cas de problème
Et pour cela, nous te rendons grâce
Comme nous te remercions de nous donner l’espoir
De pouvoir un jour dire :
Allô ? Dieu ? C’est moi. T’es où ?
Alléluia !

Nous pourrions envisager une manifestation de ce style un jour ou l’autre s’arrêtant par endroits comme par exemple :
Quick, Monoprix, Nouvelles Galeries, Intersport,
distributeur bancaire et FNAC, en chantant.

 (4 avril 2006)

Ce dossier a été créé à l’occasion de la réunion du Comité local du 04/04/2006.

Ouvrages de référence

Colloque de Lyon (mars 2006) sur la désobéissance civique

Analyses et articles

 (3 avril 2006)

Cet article est un résumé de "Jusqu’où obéir à la loi ? De la résistance à la désobéissance civique", de Nuri Albala et Evelyne Sire-Marin (Le Monde Diplomatique, avril 2006)

La désobéissance civile également revendiquée par :

  • des opposants à l’avortement.
  • Action faucheurs volontaires
  • Droit au logement

OBJECTIONS :

  • La recherche scientifique, la propriété, également un droit(Droits de l’homme et du citoyen)
  • La loi, expression de la volonté populaire, doit ètre respectée ; car garante de la Paix sociale ; mème devant l’affaiblissement du pouvoir politique face au pouvoir économique et financier.

Quel principe opposable à tous,en toute circonstance peut justifier sa remise en cause ?

Deux justifications recouvrant des réalités différentes :

  • La désobéissance "CIVIQUE"
  • La désobéissance"CIVILE"

La première conteste un ordre juridique injuste et demande la reconnaissance de droits Nouveaux : droit au logement, principe de précaution, droit à un environnement sain. Elle est donc expression de citoyenneté ; Gandhi lutte pour l’indépendance de l’Inde, Résistance à l’occupation nazie, lutte pour l’égalité des droits aux Etats-Unis, occupation de logements vacants, fauchage d’OGM.

Le fondement de la désobéissance civile est tout autre. Elle se fonde sur la seule conscience individuelle contre les lois de la Cité.Etendard des défenseurs du droit, dit naturel par opposition à la loi démocratique, elle érige le "For intérieur" en censeur de l’ordre social. Subjective et variable, la conscience que chacun a du bien et du mal peut justifier des actions très différentes ; voire politiquement et moralement opposées. D’ou une certaine ambiguité.

Sur quels critères fonder une désobéissance légitime ?

Cette transgression se fonde sur les droits fondamentaux reconnus par la Déclaration Universelle des droits de l’homme, la Convention européenne des mèmes droits et le préambule de nombreuses Constitutions.
Ces textes ont une valeur juridique et morale supérieure aux lois ordinaires.

Le tribunal de Nuremberg a condamné des subordonnés ayant, sur ordre, participé à des crimes contre l’humanité.
Les insoumis à la guerre d’Algérie obéissaient en refusant de participer à une guerre qu’ils jugeaient injuste à un principe supérieur de conscience. Le général Paris de la Bolardière par exemple.

La désobéissance est une hypothèse reconnue par le droit qui en délimite les contours au nom de l’intérèt général.
La légitime défense : violence proportionnée à l’attaque, la contrainte morale irrésistible, l’état de nécessité.

Plusieurs décisions de justice : Non responsabilité d’une voleuse de pain pour nourrir son eofant en 1848, Bobigny en 1972 :état de nécessité reconnu à une jeune femme poursuivie pour avortement, jugements d’Orléans et de Versailles:faucheurs volontaires.

Ce n’est qu’en ultime ressort que l’on peut passer de la résistance de plus en plus massive (refus d’appliquer une loi injuste) à la désobéissance CIVIQUE.

La désobéissance volontaire et concertée ne peut ètre qu’un mode exeptionnel d’action quand tout a échoué à faire changer la loi, sous peine de réduire à néant le principe démocratique.

Changer la loi c’est d’abord agir dans le cadre des institutions. Ce sont les représentants du peuple qui ont légalisé les congés payés, le vote des femmes, le droit à l’interruption volontaire de grossesse, aboli la peine de mort.

Une partie significative de citoyens peut permettre la mise en place d’une loi. Ce n’est pas toujours le cas. Le réseau d’éducation sans frontière, des agents de l’ANPE refusant des radiations, des communes se déclarant hors AGCS, des agents EDF de la CGT rétablissant le courant chez des pauvres.

Cette désobéissance doit telle ètre nécessairement non violente ?

Certains : Gandhi, Martin Luther King l’affirment.
Tout dépend des situations. La résistance au nazisme, la conquète ouvrière du droit de grève imposaient le recours à la violence. Il n’en est pas toujours de mème pour la défense d’autres droits. Une forte mobilisation autour de l’association pour le droit de mourir dans la dignité a contribué au vote de la loi du 22 avril 2005 sur la fin de vie.

Résister c’est toujours prendre un risque pour ne pas toujours réussir.

Se pose une double question :

  • quelle est la réalité de la démocratie à l’heure ou s’accroit la crise de la représentation politique ?
  • quelle est la place des citoyens pour la protéger et l’approfondir ?
L’enjeu : la Défense de la liberté d’expression : soutenons Denis Robert
 (3 janvier 2007)

Les travaux de Denis Robert ont apporté des éclairages importants sur les paradis fiscaux et les dérives de la finance internationale, notamment sur le fonctionnement de la société Clearstream. Le conseil d’administration d’Attac, bien placé pour apprécier leur qualité et la rigueur avec laquelle ces travaux utilisent de sources rares et difficiles à obtenir, condamne le harcèlement inique auquel est soumis ce journaliste intransigeant. Il semblerait que l’on cherche, par cet exemple, à décourager ceux et celles - dont nous sommes - qui étudient, pour la dénoncer publiquement, la criminalité économique et financière qui pourrit le monde.

Nous demandons que soit annulée la mise en examen de Denis Robert dans l’affaire Clearstream, dernier acte de cet acharnement judiciaire.

Un comité de soutien a été créé à Nancy par des amis proches de Denis Robert pour le soutenir moralement et financièrement afin d’assumer ses frais de défense.
(Contact : Comité de soutien à Denis Robert, BP 93602, 54016 NANCY CEDEX - Courriel : "lesoutien@gmail.com".

Le Conseil d’Administration d’Attac souscrit à sa démarche et appelle tous ses adhérent(es) et militant(es) à s’impliquer pleinement dans la campagne en cours.

Pour relayer cette campagne, le comité Attac Romans a déjà pris l’initiative de lancer une opération cartes de vœux réalisées à partir de dessins offerts par des dessinateurs militants. (Contact : Attac Romans, 14 Place du Chapitre 26100 Romans - Courriel : paradis.romans@attac.org).

D’autres initiatives de soutien soutenues par Attac et ses comités locaux sont en préparation.

Denis Robert a dit la vérité, il doit savoir que nous ne le laisserons pas baillonner et qu’il peut compter sur le soutien actif d’Attac.

Paris le 16 décembre 2006 « http://france.attac.org/spip.php?article6803 »

Comité de soutien à Denis Robert, BP 93602, 54016 NANCY CEDEX

200 visites d’huissiers à son domicile, 30 procédures judiciaires en cours...

C’est la réponse de Clearstream et de ses banques clientes ou des autorités judiciaires françaises et luxembourgeoises aux révélations du journaliste écrivain Denis Robert. Son seul tort, avoir dit la vérité.

Face aux moyens financiers colossaux de ses détracteurs Denis Robert ne peut opposer que son énergie, ses livres et sa bonne foi.

Ça risque de ne pas suffire.

Vu les sommes réclamées et la multiplication des procédures, nous avons décidé de lui venir en aide en créant un comité de soutien, amical et financier.

Notre but est de collecter des fonds et régler pour Denis Robert les frais d’huissier et d’avocats engendrés par ce harcèlement judiciaire.

Vous pouvez nous y aider en versant 10 euros ou plus ou moins à l’ordre du « comité de soutien à Denis Robert » et en envoyant votre don à l’adresse ci-dessus.
Pour toute question, envoyez-nous un mail à lesoutien@gmail.com.

Aujourd’hui après cinq années de combat en France mais aussi au Luxembourg, en Suisse et en Belgique, Denis Robert ne peut plus suivre financièrement. L’affaire du corbeau et les révélations (ennuyeuses pour le pouvoir en place) de son dernier livre « Clearstream, l’enquête » n’ont pas arrangé les choses : Clearstream a déposé de nouvelles plaintes à Luxembourg et en France réclamant des dommages et intérêts vertigineux. La firme attaque également ses interviews dans la presse. Si l’on prend en compte les plaintes déposées par la banque russe Menatep, la banque générale de Luxembourg, le cabinet d’audit Barbier-Frinault ou celle de Dominique de Villepin, 31 procédures sont en cours en ce moment. Aucune n’est prés d’être définitivement jugée puisque Clearstream ou ses alliés font appel ou se pourvoient en cassation dès lors qu’ils sont déboutés.

Au total, plus de six millions d’euros de dommages et intérêts cumulés sont ainsi réclamés à Denis Robert, ses témoins, les Arènes et Julliard ses éditeurs ou Canal plus qui a diffusé ses films.

Sur 28 jugements rendus au 1er juin 2006, Clearstream et ses alliés n’ont obtenu que 3 euros en leur faveur alors qu’ils demandaient entre 100 et 300 000 euros par procédure.

Nous ne voulons pas laisser Denis seul. C’est pourquoi nous faisons appel à vous pour soutenir concrètement sa défense face au rouleau compresseur de Clearstream et de ses alliés. Par ses livres et ses films, il nous a aidé à mieux comprendre les coulisses de l’hyper finance et les moyens mis en place visant au pillage des États grâce à des boîtes noires comme Clearstream.

Il est temps pour nous de l’épauler.

Collectif Yvelinois de Vigilance Interprofessionnelle et Citoyenne
contre le Projet de Loi de Prévention de la Délinquance
 (22 janvier 2007)

Ce projet de Société liberticide, que nous dénonçons depuis trois ans, se met en place.

Pour s’opposer à ce projet, les organisations rassemblées dans le Collectif National Unitaire appellent à une semaine de mobilisation nationale [COLLECTIF NATIONAL UNITAIRE : CGT, FSU, Solidaires, LDH, SUD Santé-Sociaux, SUD C-T, SNPES-PJJ, SNEPAP, SNUAS-FP, SNU-Clias, SNES, SNUIPP, SNMPMI, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France, Union Syndicale de la Psychiatrie, Syndicat National des Psychologues, CNT, A.C. !, Collectif des Etudiants en Travail Social,...].

Le CYVIC se joint à cet appel national et participe à la construction de la mobilisation.

TOUTES ET TOUS ENSEMBLE DANS L’ACTION DU 22 AU 26 JANVIER 2007 !

Pour rendre visible nos mobilisations et interpeller les responsables politiques, les mettre devant leurs responsabilités diverses actions sont organisées, notamment :

Rassemblement/Manifestation Mardi 23 janvier à PARIS 14 H Place du Palais Royal

- Un préavis de grève national est déposé -

Défendre nos libertés, c’est maintenant ! TOUS ENSEMBLE ! Derrière la banderole du CYVIC !

Le CYVIC et la LDH organisent une réunion publique d’information et de débat :

Vendredi 26 Janvier 20 H 30
Salle : Bar de J.Brel à Mantes la Ville

- Les médias et des élus locaux y sont invités -

Nous appelons chacun à diffuser très largement les écrits, l’information et à participer à la réussite collective de cette semaine d’action.

Contacts CYVIC :
Mail CYVIC78@Yahoo.fr - Tél. : Tristan 06.13.12.32.04. ; Tatiana 06.25.04.37.15.

NOUS LAISSERONS-NOUS UNE FOIS DE PLUS CONFISQUER NOTRE VOIX ?
 (26 avril 2007)

Le vote électronique - pourquoi faire en réalité ?!?

Malgré une mobilisation de plus de 300 000 pétitionnaires en à peine 2 mois, les décrets ministériels sont tombés et les machines à voter électroniques ont été autorisées dans l’urgence par référé (bien sûr quelques citoyens, toujours trop peu nombreux, ont tenté encore de reprendre la parole). Sans doute fasciné par George Bush, le ministre de l’Intérieur n’a rien trouvé à redire, se disant que ce qui a marché pour son idole aux Etats-Unis pourrait se révéler gagnant pour lui aussi, lors de ces échéances électorales.

C’est sûr On n’arrête plus le progrès : et dans 82 villes comme Issy les Moulineaux dans les Hauts-de-Seine, Amiens, Brest, le Havre, Reims, Le Mans, Mulhouse, etc........ représentant 1,5 million d’électeurs (3% du corps électoral), dans l’absence totale de débat public et citoyen ni de passage au parlement ; encore une fois aucune débat démocratique et aucune consultation des intéressés locaux.

Dormez braves gens : l’on s’occupe de tout....... - mais non, mais non cela ne risque rien........ ne restez pas dans l’obscurantisme, voyons, c’est le progrès.................

Mais jusqu’à quand tous ces dénis de démocratie ? N’y aurait-il pas lieu à référendums ?

A quoi sert l’assemblée nationale même si elle n’est pas encore à la proportionnelle (car en effet, cette nouveauté n’a fait l’objet d’aucun vote au Parlement) ?

En tout cas, même les Américains, suite à de nombreuses contestations, notamment dans l’Ohio, reviennent de plus en plus au vote papier, et abandonnent petit à petit les machines ; et si, pour une fois, il était judicieux de les imiter !

Inquiétant : le fait qu’une municipalité l’a refusée uniquement parce que l’opération n’était pas subventionnée par l’état ; inquiétant également que la ville de St Malo a décidé de ne plus l’utiliser pour la seule raison que l’utilisation de celle-ci a provoqué des retards et des désagréments. Et puis bizarre que cela soit les municipalités qui décident ou non d’investir dans ces machines, potentiellement diaboliques jusqu’à preuve du contraire ; sauf que les pouvoirs publics n’auraient pas pu obliger tout le monde, et dans le même temps, à cet investissement surtout sans acceptation de l’affaire par la citoyenneté nationale.

L’argument lissant dans le sens du poil c’est : cela soulagera les citoyens/employé(e)s qui tiennent les bureaux de votes jusqu’au dépouillement (quand peu de personne ne veut rester dépouiller). L’argument économique : cela évitera d’avoir à payer les employés municipaux en heures supplémentaires. L’argument économe : cela évitera des tonnes et des tonnes de papier ; et puis celui-ci qui bien trop souvent : « vous pensez bien que tout a été testé dans les règles de l’art par des EXPERTS »

Il s’avère que beaucoup de personnes, lorsque l’on en parle, sont dans l’expectative et préfèrent, au nom encore une fois du principe de précaution, en rester au bon vieux vote papier manuel ; et nombreux sont ceux qui pensent que Bush est passé grâce à ces bécanes infernales - voyez ci-dessous la contre-verse puisée dans divers documents :
Depuis plusieurs mois, de nombreux experts se sont exprimés dans de nombreux articles pour attirer l’attention des citoyens et des élus sur les risques présentés par le vote électronique. Ils formulent des critiques scientifiquement fondées, apportent la preuve que ces machines peuvent être piratées facilement .

Il est à noter que de nombreuses villes qui devaient en acquérir y renoncent. L’Irlande qui en était dotée depuis des années fait " Machines arrière Toutes ! " en considérant que la fiabilité du vote ne peut pas être établie avec satisfaction... Québec maintient son moratoire ... La Hollande a connu des scandales...

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a estimé dans une délibération de juillet 2003 " que dans le cas d’une élection organisée par une collectivité publique, le code source des logiciels utilisés par le système de vote électronique devrait être accessible sans restriction, afin de permettre la réalisation de toutes les expertises nécessaires. "

La possibilité de recomptage par trace papier est mentionnée par le Conseil de l’Europe. La demande de trace papier figure dans les recommandations de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) sur l’usage des machines à voter.

Les critiques les plus fondamentales portent sur :

  • l’absence de débat public et citoyen qui aurait permis de mettre en évidence les insuffisances ;
  • l’absence de contrôle par l’électeur que la machine a enregistré correctement son vote (par une remise de papier) ;
  • l’absence de possibilité de recomptage en l’absence du moindre papier ;
  • la possibilité avérée de fausser les élections de plusieurs manières : avant le vote et pendant le vote (ou de bricoler la machine à n’importe quel moment lors de son remisage).
  • Quelques informaticiens ont fait des démonstrations plutôt inquiétantes sur les possibilités de pirater ces machines

Les précautions indispensables, qui serait garantes d’une haute fiabilité, prévoiraient un protocole drastique d’utilisation et de contrôle de ces machines avant l’ouverture des bureaux de vote par des sociétés indépendantes et surtout pendant les scrutins par des citoyens volontaires et des représentant des partis, en continu ou pour le moins en inopiné.

Qui plus est ce vote électronique est un recul démocratique, car il supprime le dépouillement, qui fait intervenir des citoyens dans le processus électoral. Je pense que se passer d’eux, pour faire confiance à la machine et aux employés et élus municipaux représente une prise de possession du processus par la technostructure et l’éloignement du citoyen du suffrage universel.

Déjà plusieurs communes comme St Malo ont décidé au lendemain de ce 1° tour des présidentielles de ne plus les utiliser pour les trois élections à venir.

Et enfin serait-ce être archaïque, contre le progrès, que de ne pas avoir envie de voter ainsi ?

NOUS LAISSERONS-NOUS UNE FOIS DE PLUS CONFISQUER et/ou DETOURNER NOTRE VOIX CITOYENNE

Suite du ciné débat sur "Walter retour en résistance"
 (2 février 2010)

Suite au ciné débat du 21 janvier 2010 aux Mureaux, autour du film "Walter, retour en résistance", l’article ci-dessous est paru dans le Courrier de Mantes.

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