La dernière "Lettre d'ATTAC 78N"
Environnnement en Val de Seine
Questions...
 (13 juillet 2018)

Les différents projets et la carrière posent des problèmes...

Ce communiqué aborde différents problèmes qui deviennent aigus en val de seine :

- le problème des déchets (décharges sauvages) à Triel et Carrières
- les dégâts occasionnés par les fortes pluies et des inondations dont on peut imaginer qu’ils proviennent du dérèglement climatique (épisodes exceptionnels plus fréquents), mais aussi de pratiques agricoles anormales, de l’imperméabilisation des sols mal contrôlée... dont la pratique de l’aménagement du territoire est responsable,
- la volonté de plus en plus importante de beaucoup d’habitants de quitter ce territoire.

" Ce territoire ne doit plus être condamné, et nous avec, par la médiocrité des propositions de messieurs Bédier ou Tautou.
Tous leurs projets sont refusés par les commissaires enquêteurs !"

Seules les associations essaient de conserver le caractère privilégié de ce territoire face à un aménagement peu respectueux de notre futur environnement.

Documents associés à l'article
Les anciennes "Lettre d'ATTAC 78N"
 (3 février 2006)

Le Centre d’information Meatrix avec La vidéo "The Meatrix".

Par Martin Leers, chargé de campagne au Réseau "Sortir du nucléaire" (martin.leers@sortirdunucleaire.fr)
 (20 août 2006)

Une étincelle suffit pour déclencher l’apocalypse nucléaire !

Alors que la panne gravissime du réacteur suédois fait la UNE de la presse en Europe, on en a très peu entendu parler en France. Le Réseau "Sortir du nucléaire" apporte donc la lumière sur le plus grave événement lié à un réacteur nucléaire depuis l’explosion de Tchernobyl, il y a exactement 20 ans.

Le 25 juillet dernier à la centrale nucléaire de Forsmark (Suède) un court-circuit dans le réseau électrique extérieur de la centrale a provoqué la perte d’alimentation électrique du réacteur n°1. Le réacteur a alors été stoppé d’un seul coup en raison de la coupure de courant. Tous les écrans de la salle de contrôle se sont éteints simultanément : les opérateurs se sont retrouvés sans les commandes face à un réacteur incontrôlé et incontrôlable. Une seule solution pour éviter la fusion du coeur : mettre en route les quatre générateurs de secours pour alimenter en électricité les pompes de refroidissement du réacteur. Mais aucun n’a démarré spontanément comme il aurait dû le faire dès qu’une panne de l’alimentation extérieure survient. Deux générateurs s’amorcèrent après un temps de latence sur lequel l’exploitant et les autorités suédoises gardent le flou mais deux autres générateurs n’ont pas répondu. Il semblerait que les batteries des générateurs aient été affectées par le court-circuit. Le cœur ne pouvant plus désormais suffisamment évacuer sa chaleur, s’est échauffé [1], le niveau de l’eau dans le circuit primaire a baissé de deux mètres et la pression a dégringolé à 12 bars alors qu’elle doit se maintenir à 70 bars. Dans ces conditions l’accident majeur n’est plus qu’une question de minutes. Or il faudra 23 minutes à l’équipe en place pour finalement arriver à démarrer manuellement les deux autres générateurs de secours. 23 minutes pendant lesquelles les opérateurs n’ont pas su si le réacteur était vraiment à l’arrêt et si leurs actions avaient les conséquences voulues [2]. Pourquoi seulement deux générateurs sur quatre ont initialement démarré alors que les quatre générateurs étaient de même conception ?
On l’ignore toujours.

Que se serait-il passé si aucun des générateurs de secours n’avait fonctionné à Forsmark le 25 juillet ?
La première phase de la destruction du cœur, selon les Suédois, se serait produite 7 minutes plus tard et la fusion, dans l’heure qui aurait suivi, produisant un dégagement colossal de radioactivité qui se serait disséminée dans toute l’Europe. Une fois le processus de fusion du cœur entamé, l’explosion du réacteur risquait de se produire à n’importe quel moment [3]. Le réacteur de Forsmark est bien passé très très près de la catastrophe nucléaire.
Un ancien responsable et constructeur du réacteur n°1 de Forsmark, Lars-Olov Höglund, confirme qu’il s’agissait bien d’un événement gravissime : "C’est un pur hasard si la fusion du cœur n’a pas eu lieu" a-t-il déclaré au journal suédois Svenska Dagablet.
Faut-il rappeler que l’organisme de contrôle nucléaire américain, la NRC [4], estime que 50 % des scénarios menant à la fusion du cœur ont une seule et même cause : la coupure de courant du réacteur [5] ?

Comme un défaut générique est très vraisemblablement à l’origine de la panne gravissime, l’organisme de contrôle nucléaire suédois a fermé préventivement trois réacteurs.
Si l’on tient compte des réacteurs fermés pour maintenance, la Suède a aujourd’hui la moitié de ses réacteurs en berne. L’Allemagne et la Finlande examinent de près chacun de leurs réacteurs nucléaires et la France, bien évidemment, ne fait rien, persuadée qu’elle est de son infaillibilité. On pourra toujours nous raconter que cela ne peut pas arriver aux réacteurs français parce que leur conception est différente mais c’est un court-circuit hors du réacteur qui a mis à genoux le réacteur suédois.

EDF et la DGSNR [6] doivent impérativement démontrer que ce risque n’existe pas en France. Jusqu’à preuve du contraire, l’accident majeur nucléaire est possible en France en raison d’un court-circuit sur le réseau électrique. En attendant, les 58 réacteurs nucléaires français doivent être arrêtés et inspectés minutieusement pour déterminer s’il y a ou non un tel défaut générique.

Oui, on peut perdre le contrôle d’un réacteur occidental récent pendant plus de 20 minutes. Oui, on risque l’accident nucléaire à cause d’un simple court-circuit. Non, les tenants de l’atome n’ont pas tout prévu. Preuve en est la déclaration de l’AIEA [7] rapportée l’année dernière par l’exploitant du réacteur suédois : "La centrale nucléaire de Forsmark est une des plus sûres au monde et il devrait être possible de la faire fonctionner pendant encore 50 ans" [8].
Belle clairvoyance !
La technologie nucléaire est extrêmement fragile par essence parce qu’elle met en œuvre une infinité de procédés plus complexes les uns que les autres, rendant les sources d’accidents multiples et imprévisibles. Le nucléaire est par nature périlleux et ingérable. Forsmarks Kraftgrupp, l’exploitant de la centrale de Forsmark, l’avait probablement oublié en affirmant en 2005 qu’"un réacteur nucléaire n’est en réalité qu’une bouilloire géante" [9].
La crise nucléaire de Forsmark montre clairement que les réacteurs russes RBMK ne sont pas les seuls à être dangereux mais que, bien au contraire, tous les réacteurs nucléaires sont menaçants même s’ils sont construits par une des nations les plus développées au monde, la Suède. Le nucléaire nous fait prendre des risques ahurissants sans pouvoir assurer notre sécurité.
Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

Pour qu’on arrête de jouer nos vies à la roulette russe, exprimons notre refus de l’énergie nucléaire à nos gouvernants en rejoignant le 17 mars 2007 les manifestations du Réseau "Sortir du nucléaire" contre la relance du nucléaire à Lyon, Toulouse, Rennes, Strasbourg et Lille.

C’est la liberté de se partager nos semences sans but lucratif qui est en jeu :
 (3 janvier 2007)

La Cour d’Appel du tribunal de Nîmes a lourdement condamné les semences de l’association Kokopelli (près de 20000 euros d’amendes).

Chers Amis et Amies de Kokopelli,

L’association Kokopelli oeuvre pour la défense et la libération des semences potagères et florales anciennes et reproductibles. Pour ses actions, elle a été maintes fois inquiétée. Le verdict de la Cour d’Appel de Nîmes a de nouveau des relents d’une « justice » que l’on pourrait croire sous influence.

Alors que le tribunal d’Alès avait relaxé le président de
l’association Kokopelli, ce matin, 22 décembre 2006, Madame la Présidente de la Cour d’Appel a conforté l’Etat français dans son mépris des textes Européens et mondiaux en infligeant une très lourde amende aux semences anciennes : 17.130 euros (3426 amendes à 5 euros pièce !!!).

Dominique Guillet a, en outre, été reconnu coupable de mettre sur le marché des « semences de variétés non conformes ». A quoi la Vie doit-elle être conforme ? Cachez cette semence que je ne saurais voir.

La directive CEE 98/95 ouvrant en faveur de la biodiversité, est transcrite en droit français, mais n’est pas appliquée : cette carence de l’état permet aujourd’hui la condamnation de Kokopelli à près de 20.000 euros d’amendes et frais.

L’appel des séquestreurs de semences ( GNIS* et FNPSP*) avait été considéré comme non recevable par Monsieur l’Avocat Général, à l’audience du 31 octobre 2006. Madame la Présidente en a décidé autrement.

De nombreux textes de la communauté Européenne ou mondiaux (traité de Rome, FAO.) insistent sur l’extrême urgence et l’importance de préserver le patrimoine cultivé de l’humanité. La France, pays des lobbies et du corporatisme, s’illustre par son incompétence et son
mépris de l’avenir.

Il est révélateur de voir le soudain engouement de nos politiciens et de nos énarques pour Al Gore ou Hulot et de constater la profonde dichotomie de leurs actes.

Il nous faut aller aux urnes, comme à d’autres générations il a fallu aller aux armes, alors pour répondre à l’insulte qui est faite à la démocratie, avec cette parodie de prise de conscience écologique ; allons au jardin, semer la Vie par les semences anciennes, au moins,
nous ne perdrons pas notre temps.

Il ne faut pas être dupe, ce n’est pas Dominique Guillet qui a été condamné, en tant que Président de l’Association Kokopelli. C’est son travail et ses prises de position en faveur de la biodiversité et de l’accès des peuples à l’autonomie semencière et nourricière.

A travers cette condamnation, tous les jardiniers passionnés par la variété au jardin, par la variété des goûts, des formes, des couleurs, tous ces jardiniers qui construisent en conscience les jardins du futur sont atteints dans leur liberté. Nous ne sommes pas dupes, le jugement de Nîmes est une insulte à la diversité de penser.
Il fait le lit des technologies mortifères et restrictives ; il oppose la Vie, dans toutes ses grandeurs, à la morbidité la plus profonde.

Quelles doivent être les actions citoyennes aujourd’hui ? Faire respecter les directives européennes et appliquer le principe de précaution, en neutralisant les O.G.M. en pleins champs, conduit en prison. Maintenir, sauvegarder, promouvoir la diversité génétique, par le biais de notre patrimoine semencier, selon les souhaits du plus grand nombre et en respect des textes de loi faisant force dans
ce pays, conduit à une condamnation. Réduire les pesticides en utilisant des pratiques phytoculturelles (purin d’ortie et autres.)est aussi répréhensible.

Il est à ce niveau intéressant de se rappeler que l’état français vient d’être épinglé par l’Europe et doit payer la coquette somme de 38 Millions d’euros et 360.000 euros d’astreinte journalière pour non transcription d’une directive européenne sur les O.G.M.

Les amendes infligées à Kokopelli vont donc contribuer à la diffusion en toute illégalité des chimères génétiques dans notre pays.

Il est des raisons privées que la raison d’état n’ignore pas.

* GNIS : Groupement Interprofessionnel des Semences et Plants
* FNPSP : Fédération Nationale des Professionnels des Semences

Contacts : JACQUIN-PORRETAZ Raoul : 04-67-97-50-18 - raoul@kokopelli.asso.fr

ACTION URGENTE : DEMANDE SOLENNELLE A MON DEPUTE
à faire avant le 29 mars 2008
 (21 mars 2008)

Lettre à nos députés concernant la très prochaine future loi autorisant la culture OGM en plein champ

DEMANDE SOLENNELLE A MON DEPUTE
Nous pouvons empêcher l’irréparable pollution génétique en plein champ.
Après les drames de la vache folle, de l’amiante, du sang contaminé, des poulets à la dioxine, des PCB, etc… il faudrait être complètement idiot pour ne pas se rendre compte que d’énormes enjeux financiers et politiques pervertissent l’information en général.
En conséquence, la population et les élus ne sont pas à l’abri de l’ignorance, ou de la bêtise, ou de la corruption, et de leurs combinaisons.

Sans remettre en cause l’intérêt des OGM en matière de recherche et de production médicamenteuse, toujours possibles en milieu hautement confiné, et au vu des études, réflexions, débats et résultats déjà accessibles dans le monde, nous sommes radicalement opposés à la culture des OGM en plein champ.

Et nous demandons solennellement aux députés qui vont devoir se prononcer très prochainement sur une loi concernant les OGM d’avoir l’honnêteté et le courage de s’informer de façon pluraliste et de cesser d’écouter exclusivement les puissants lobbies et leurs représentants, qui agissent directement mais aussi au travers des organisations internationales, nationales et professionnelles.

A propos de la culture des OGM en plein champ, Messieurs les élus, vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été mis en garde sur les signes qui se multiplient d’atteintes graves à :
- la santé publique, l’environnement, la biodiversité,
- l’autonomie alimentaire des peuples, l’équilibre économique du monde paysan.

Voir au dos une liste d’organismes auprès desquels vous pourrez diversifier vos informations,
ne soyez pas à contre temps, sachez que le « vent officiel »commence à tourner contre les OGM (voir le rapport de 4000 experts de l’ONU).

Sachez que nous observerons attentivement votre vote et vous prions d’accepter nos sincères salutations.

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 (23 mai 2008)

Comment poursuivre la lutte après l’adoption de la loi sur les OGM ?
Proposition d’une initiative populaire, solidaire et qui peut apporter beaucoup

L’ALTER TOUR (de France) pour une planète non dopée, et pour la biodiversité du 3 au 28 juillet (2008) d’Alès (Cendrars) à Villeneuve-lès-Maguelonne.

Pour continuer le combat sur la problématique OGM, d’autant plus que la loi baclée est maintenant définitivement adoptée, permettant la contamination entre autres avec la fameuse coexistence impossible

Surtout qu’elle est symbolique de celles sur le brevetage du vivant avec la main mise des grandes multinationales comme Monsanto sur le monde agricole en l’occurence,la quasi-disparition de la souveraineté alimentaire pour tous les peuples en difficulté et celle programmée de la perte ainsi de la biodiversité, pour exemples.

Il faut maintenant amplifier la résistance aux niveaux national,local et international.
Beaucoup d’élus et/ou de collectivités territoriales continuent et/ou prennent le relais pour des arrêtés ou prises de dispositions interdisant les OGM dans les champs et dans les assiettes ; comme dans les Hauts de Seine ou paradoxalement le conseil général (dont les élus parlementaires ont été à fond et sans réserve pour cette loi baclée mais gouvernementale) a été obligé de satisfaire à la pression de ses électeurs.
Ne plus les laisser faire seuls……limiter cette démocratie représentative avec la participative
Apportons-y nos exigences citoyennes en matières de prévention et de précaution environnementales et sanitaires ;aidons–les à mieux nous représenter

Comment ? : en participant à cette belle initiative d’une manière ou d’une autre qu’est cet Altertour de la France profonde

mais comme le dopage n’est pas notre dose, ce seront les cyclettes (alter) qui feront le périple,
tandis que les humains que nous sommes les monterons pour relais (tranches de 15 km).
Avec la possibilité d’en effectuer 1,2, 3 (plus), ... et ce à toutes les étapes AU CHOIX.
De nombreuses rencontres, débats, films, festivités, dans des lieux propices feront autant de rendez-vous conviviaux, où les idées fuseront ... POUR ELIMINER les mauvaises nouvelles EN PROPOSANT des alternatives pour la diversité ...y compris celle des choix de vie
Parcours en relais
Chaque participant emprunte une des altercyclette partagées, accomplit un chaînon de quelques kilomètres, puis transmet le relais et sa bicyclette à un partenaire qui parcourt le chaînon suivant, et ainsi de suite tout le long d’une grande boucle.
 Manifestations éducatives
et festives
Chaque demi-étape, sont prévus des conférences, expositions, films et visites, suivant un programme.
 Circuit empruntant des Voies Vertes
De chemins de halage à d’anciennes voies ferrées, le Tour traverse des villages de charme et des communes ayant pris des arrêtés anti-OGM. 
 Caravane d’information
incluant un biblio-bus de documents sur l’écologie et la solidarité, y compris le recueil d’alternatives agroécologiques publié à cette occasion.
 Contrôles inopinés anti-dopage
Collecte de feuilles de maïs le long du parcours, tests de détection de gène(s) modifié(s) avec un kit-bandelettes, résultats diffusés le soir-même.
L’Altertour, c’est…
- une boucle de 2 700 km, dont 480 km de Voies Vertes, parcourue en relais de 15 Km.

- 200 organisateurs mobilisés dans 10 régions,

- 1600 cyclistes en relais sur 24 étapes,

- 40 événements locaux,

- 6 000 visiteurs sur 40 sites d’animations,

- 18 organisations partenaires.
Comme Attac –
La Confédération Paysanne et OGM Danger
pour les plus connues

 (16 novembre 2008)

Un péril bien plus grave que la crise boursière nous guette, et quasiment personne ne le voit venir. Depuis quelques mois les abeilles disparaissent par milliards... et pourtant nous dépendons d’elles pour la pollinisation d’un grand nombre d’espèces végétales que nous consommons. La cause de cette hécatombe reste mystérieuse, probablement une combinaison de plusieurs facteurs liés aux sévices que l’humanité fait actuellement subir à l’environnement.

Et de fait, cette année 2008, il y a eu beaucoup moins de cerises que d’habitude, en particulier dans le sud de la France. Avec la disparition des abeilles, c’est 65 % des plantes agricoles qui sont menacées, soit 35 % de notre alimentation.
Nous sommes peut être à la veille d’un effondrement écologique majeur, qui pourrait nous être fatal...

Voir ce diaporama qui expose le problème.

Voir aussi l’article « Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles » plus exhaustif sur Wikipédia.

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La mort des abeilles
 (8 janvier 2012)
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 (17 octobre 2015)

23 ans déjà

La COP, c’est la « Conférence of parties », les parties étant les pays membre de la Conférence sur les Changements Climatiques établie à Rio en 1992 lors du sommet de la Terre. Dans COP 21, on pourrait croire que 21 est une référence au 21ème siècle. Eh bien non, c’est la 21ème réunion annuelle de ce type.

C’est de la COP 3 en 1995 qu’est sorti le Protocole de Kyoto qui a été mis en œuvre entre 2005 et 2012. Objectif modeste, la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5 % en 2012 par rapport à 1990, de la part des pays industrialisés. Stricto sensu, l’objectif a été atteint et dépassé, encore faut-il prendre en compte l’absence des USA du Protocole, du Canada qui s’est retiré en fin de période (pour pouvoir développer l’exploitation des sables bitumineux terriblement sales climatiquement et environnementalement), et aussi l’effondrement industriel des pays de l’est européen et le ralentissement au cours de la crise économique qui s’est ouverte en 2008.

L’objectif principal est affiché : maintenir l’augmentation de la température mondiale moyenne en 2100 par rapport à sa valeur moyenne dans sa dernière période stable (moyenne de la deuxième moitié du XIX ième siècle) en dessous de +2°C. Pour ce faire, les objectifs principaux de la lutte contre les changements climatiques sont de 3 ordres :

  • le plus connu, la réduction des émissions de GES. L’objectif mondial est décliné par pays selon le principe de la « responsabilité commune mais différenciée », qui signifie que tous les pays participent aux changements climatiques mais que historiquement et actuellement certains (pays développés) y ont participé (bien) plus que d’autres (pays en développement).
  • un dont on parle parfois, l’alimentation par les pays développés du Fond Vert, de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, afin de permettre aux pays en développement de financer leurs plans d’action.
  • l’adaptation aux changements climatiques déjà réalisés, ceux inévitables du fait de l’inertie du climat et ceux qui adviendront en fonction des politiques plus ou moins climato-compatibles adoptées ou pas par les économies.

De nombreux mécanismes ont été mis en place pour permettre d’atteindre les objectifs. Hélas, les plus connus sont les inefficaces mécanismes de marché, dits « marché carbone ». Très inefficaces en particulier du fait de la dite crise économique. Alors que la tonne de CO2 valait 30€ au début du marché, alors que des pays comme la Suède l’ont fixé à 100€, actuellement, elle vaut 5€ sur le marché !

Le Protocole de Kyoto a-t-il atteint son objectif ? Cherchez sur Internet, c’est difficile de le savoir ! En tout cas, cela s’est tellement fait dans la douleur que certains pays ont annoncé qu’ils abandonnaient le Protocole, qu’ils ne s’engageraient pas dans un accord contraignant. Ce qui conduisit au désastre de la COP 15 à Copenhague, où les états n’ont pas réussi à s’entendre sur un accord qui prenne le relais de celui de Kyoto après 2012. Il a fallu attendre la COP 17 de Durban pour décider de remettre le processus sur de nouveaux rails. Décision douloureuse qui désigne la COP 21 pour décider d’un plan d’action efficace à mettre en œuvre à partir de … 2020. Nous sommes au pied du mur, la COP 21 qui se tiendra au Bourget est en préparation depuis 2 ans, autant du côté des états que du côté des citoyens et de leurs associations.

Du côté des états, on ne peut pas dire que les affaires soient bien engagées pour la COP 21. Pas d’accord contraignants, même pas des engagements volontaires, mais de simples intentions (INDC : Intented Nationally Determined Contributions) et absence de contraintes en cas de non atteinte des dits engagements. A 3 mois de la COP, les INDC annoncées ne couvrent que 50 % des émissions de GES et nous mettent sur une trajectoire de +3,5°C en 2100 plutôt que de +2°C.

Aux 3 objectifs principaux indiqués ci-dessus, on peut ajouter des objectifs conjoints :

  • le chômage. Après les 30 « glorieuses » (1945-75) au cours desquelles le chômage en Europe était « frictionnel » (envrion 2%), il est devenu structurel au cours des dernières 30 « piteuses » (autour de 10%). Deux solutions : prolonger le modèle précédent (fordiste), avec quelques mesures vertes ponctuelles (greenwashing) ou bien changer de modèle et se mettre en route sur une véritable transition énergétique. La première nous mènera dans l’iceberg, la seconde peut aider notre lourd navire planétaire à éviter l’iceberg. Et en prime, la création de nombreux emplois pour transformer nos bâtiments, changer d’urbanisme en rapprochant les diverses activités et les modes de déplacement, changer notre alimentation et donc notre système agro-industriel (moins de protéines animales – sauf les insectes ? - plus de protéines végétales), changer le système énergétique (sortir des fossiles et fissiles, réduire les consommations, passer au 100 % renouvelable). Diverses études ont montré que près d’un million d’emplois net peuvent être créés en France d’ici 2030.
  • les risques sociaux. Risques de déstabilisation, risques de guerre, risques liés aux centaines de millions de réfugiés climatiques, les aperçus actuels montrent que nos sociétés ne sont toujours pas prêtes à résoudre de tels problèmes pacifiquement et de manière socialement juste.

2 ans de mobilisation citoyenne et associative

Les Changements Climatiques (CC) avait suscité quelques maigres manifestations à Paris dans les années 2000 (elles n’ont pas dépassé le millier de participants, même le jour où nous sommes allés rendre visite au zouave du Pont de l’Alma, fameux pour avoir bu la tasse en 1910), appelées par des collectifs à l’initiative du RAC [10], seule organisation entièrement dédiée aux CC.

Plus tard, en 2009, la mobilisation citoyenne a été réussie en Europe pour participer au Forum alternatif à Copenhague lors de la fameuse et piteuse COP 15.

La COP 21 étant présentée comme un renouveau des négociations et accords internationaux, le mouvement citoyen et associatif jugeant nécessaire d’adopter une démarche stratégique autonome qui permettrait de traiter de la question climatique autrement qu’en regard des réunions des états, début 2014 a été créé la Coalition Climat 21, en France principalement du fait de l’accueil de la COP 21 sur son territoire. Un deuxième élément ayant favorisé cette création a été la encore plus calamiteuse COP 19 à Varsovie, où, à côté de la réunion des représentants des états, il y eu un sommet en faveur du charbon. Trop, c’est trop, les groupes de pression associatifs et au premier chef la coalition d’associations environnementales, en particulier la CAN (Climate Action Network) dont le RAC est le représentant en France, ont claqué la porte. Ce dernier événement a permis le rapprochement des deux collectifs associatifs, le CAN, et le CJN (Climate Justice Now) qui se présente comme plus radical et altermondialiste (Attac en fait partie). Depuis janvier 2014, une douzaine de réunions de représentants des associations membres de la CC21 se sont réunis en semaine sur une journée ou demi-journée. Afin de permettre un élargissement aux citoyens et aux actifs non permanents, 3 réunions de week end ont été réalisées également. Ces réunions et celles de leurs commissions ont permis de mettre très progressivement sur pied les initiatives qui se dérouleront fin novembre-début décembre. En outre, lors de rassemblements internationaux (FSM [11], COP 20 à Lima), des réunions internationales se sont tenues pour définir les grandes lignes des initiatives citoyennes qui se dérouleront pendant le temps de la COP 21.

En France, il existe un groupe très actif sur le climat dans ses différentes dimensions, environnementale, sociale, politique. Il s’agit de l’association basque Bizi ! qui se définit elle-même en regard de la crise écologique actuelle, comme altermondialiste, antiproductiviste et anticapitaliste. Ayant réalisé un village des alternatives à Bayonne en 2013, elle a proposé d’étendre ce mode d’action qui privilégie les alternatives concrètes pour un monde climato-compatible et socialement plus juste. L’idée de réaliser des villages des alternatives s’est répandu, près d’une centaine ont été réalisés ou sont annoncés. Le 5 juin 2015, un Tour Tandem est parti de Bayonne, a parcouru 5600 km, rencontré près d’un demi-million de personnes pour les sensibiliser aux CC et à ce que chacun peut faire pour s’y opposer.

CR de Livre-débat
 (4 novembre 2015)

Le 4 novembre 2015 a eu lieu à la librairie la Nouvelle Réserve à Limay, un débat autour du livre CRIME CLIMATIQUE STOP, l’Appel de la société civile, avec Ch.Bonneuil d’Attac dans le cadre Mantois et Climat. Vous en trouverez le compte rendu sous la video d’une interview de Christophe Bonneuil (merci à Joël de cet excellent résumé).

A l’invitation du Comité local Attac 78 Nord, une passionnante soirée s’est déroulée avec Christophe Bonneuil à la "Nouvelle Réserve" de Limay. Historien au CNRS, directeur de la collection "Anthropocène", au Seuil, il a notamment écrit "L’Evénement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous" (2013). Il milite aussi à Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), et travaille dans sa commission "Ecologie".

Il est venu parler d’un ouvrage collectif majeur qui a pour objet la crise climatique. Loin des poncifs médiatiques relatifs à la COP 21 (21ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques), ont été exposés les véritables enjeux : l’incertitude générale en place d’une relative stabilité dans tous les ordres naturels et sociaux ; la force comme horizon et la domination sans partage des problématiques géopolitiques avec une concurrence guerrière pour les espaces fonciers et le poids insoutenable des réfugiés climatiques ; la fin de l’illusion que la démocratie était un progrès acquis.

Ce n’est pas la peine de tirer des plans sur la comète de 2030 ou sur celle de 2050. Nous avons 5 ans devant nous. Nous sommes maintenant pris dans une course de vitesse.

Dès lors, la stratégie n’est plus comme à la conférence de Copenhague en 2009 de chercher à faire pression sur les chefs à plumes pour qu’ils prennent les bonnes décisions. Son échec avait alors conduit à la démoralisation de nombreux militants. La stratégie est de profiter de cet "événement", dont on sait déjà qu’il ne sera pas à la hauteur du problème, ne serait-ce que parce que si accord il y a, il ne sera suivi d’aucune sanction s’il n’est pas respecté.

Profiter de l’événement, cela veut dire amplifier, approfondir et prolonger durablement le mouvement mondial né des déjà-catastrophiques conséquences du dérèglement climatique. Ce mouvement multiforme s’est épanoui un peu partout, y compris de manière déterminée dans des lieux que l’on n’attendait pas comme la Chine, où il connaît une vivacité impressionnante.

L’amplifier en faisant apparaître toutes ses composantes dans un espace politique où elles ont peu droit de cité. Cela se fera d’abord les 28 et 29 novembre à Paris, dans les villes de France, dans les villes du monde pour dénoncer le "crime climatique", en pointer les responsables et appeler à la justice.

L’approfondir pendant le Sommet du 7 au 11 décembre en investissant la ZAC, Zone d’Action pour le Climat, où se dérouleront AG quotidiennes, rencontres avec diverses communautés en lutte, actions citoyennes diverses.

Le prolonger dès la fin du Sommet, par une mobilisation de masse pour la Justice climatique, à Paris le 12 décembre. Il s’agira dès lors de faire entendre de façon définitive l’Appel de la société civile. "Crime climatique. STOP"’. C’est que, à bien lire ce livre, c’est bien de crime qu’il s’agit. Le dérèglement climatique tue les plus pauvres et les plus fragiles. Le témoignage des victimes est effrayant. Et derrière ce crime, il y a des responsables qui font des choix précis, non pas en fonction des intérêts des humains, mais d’abord en fonction d’intérêts particuliers financiers.

Peut-on citer Desmond Tutu ? "Nous avons combattu l’apartheid. Aujourd’hui, le changement climatique est notre ennemi à tous".

Il faut lire ce livre car il réconcilie tous ceux qui, du marxisme de Marx à l’écologie politique, commencent à percevoir que la Terre et l’histoire sont liées et que la révolution géologique que nous vivons, née de deux siècles de dérèglement du cycle du carbone, est en train de créer de nouvelles conditions pour la vie sur terre.

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 (20 octobre 2015)

DU 5 AU 26 NOVEMBRE
Les Biocoopains et la Biocoop du Mantois
relaient le festival « ALIMENTERRE » dans le Mantois,
à travers 3 projections en collaboration
avec nos partenaires.





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