La dernière "Lettre d'ATTAC 78N"
 (29 février 2016)

Samedi 20 février, Michèle, Fabienne et moi sommes allés à Calais avec deux voitures pleines de couvertures et vêtements chauds.
Ce que je constate en approchant du terrain vague, ce sont des camions de CRS disséminés ça et là (nous apprendrons plus tard qu’ils sont là pour défendre les migrants car une manifestation de soutien au Général Piquemal a lieu le jour même à Calais).

Le centre Jules Ferry est un ancien centre de loisirs situé au bout d’une route goudronnée défoncée à quelques kilomètres du centre ville. Le long de cette route, des pancartes, des migrants (pratiquement que des jeunes hommes) et surtout, des abris de fortune fait de bâches et de palettes.

En arrivant, nous devons montrer patte blanche auprès des bénévoles du centre. Nous nous garons devant le préfabriqué dans lequel sont stockés les vêtements. Yolaine (la bénévole de l’association Salam) nous accueille ainsi qu’une autre bénévole. Elles nous aident à sortir les sacs de la voiture et nous indiquent où les entreposer. Le local est bien garni et tout est trié par nature et par taille.
Pendant le temps du déchargement, des jeunes, attirés par les voitures, viennent demander des vêtements. Les bénévoles expliquent dans un anglais sommaire qu’il faut revenir à 15h30, au moment de la distribution. Les gestes renforcent la compréhension. Chacun aura reçu un morceau de papier avec son nom et un n°. Il devra le remettre contre un sac contenant un lot d’affaire à sa taille. Un migrant vient se faire soigner un pied. Il marchait pieds nus dans ses chaussures et ses écorchures peuvent s’infecter.

Nous laissons les bénévoles préparer la distribution de l’après-midi. Michèle nous guide dans le camp en nous fournissant des explications. Auparavant, des bénévoles nous demandent d’enfiler des gilets jaunes. Leur explication : « s’il y a des échauffourées dans le camp et une intervention de la police, ils tapent sur tout le monde. C’est pour vous identifier comme bénévole ! »

Dans un terrain clôturé se trouve le camp des femmes et des enfants. Une dizaine de grandes tentes marabouts de la Protection Civile pour l’hébergement, des blocs Algeco pour les douches et les repas.

Près du local pour les vêtements, Michèle nous indique un autre préfabriqué qui sert à la distribution des repas. Les repas se prennent ensuite debout sous des préaux. Il y en a deux à proximité, chacun équipé d’une dizaine de prises électriques pour permettre aux migrants de recharger leur portable. Des panneaux indiquent la direction du bloc sanitaire. Michèle nous précise que les migrants ont droit à une douche par semaine avec seulement 2 minutes d’eau chaude. Il n’a que 2 ou 3 points d’eau potable pour tout le camp.

En remontant la longue route goudronnée qui conduit au centre, nous nous rendons mieux compte des conditions de vie des migrants hommes. Nous nous risquons à prendre quelques photos des abris sans trouver cela très décent. Mais comment témoigner de ce qui se passe ici sans être pris pour un paparazzi ? Les jeunes vont et viennent, nous échangeons quelques mots avec certains, un bonjour et des sourires. Les bénévoles sont nombreux à s’activer pour rassembler les poubelles dans des points de collecte. Les abris sont des tentes de camping ou des cabanes en plaques d’aggloméré. Les fenêtres sont de simples couvertures. Nous imaginons le froid et l’humidité la nuit.

Quelques cabanes qui paraissent plus anciennes ont une vitre en plexiglas où sont exposées des canettes de soda ou un peu de nourriture : des épiceries système D !

Cette visite au centre Jules Ferry m’a marqué. Si la solidarité des bénévoles (français, anglais) est omniprésente pour améliorer les conditions de vie des migrants, la situation reste inextricable. Je n’ose imaginer la situation dans la jungle principale. Quel sort est réservé aux migrants ? Après avoir traversé de nombreux pays et avoir parcouru des milliers de kilomètres, comment imaginer qu’ils vont se contenter de rester dans ce bidonville ? Leur détermination à vouloir aller en Angleterre semble intacte. La fermeture des frontières n’est pas une bonne solution. Face à des personnes qui fuient la guerre et la misère, nous devons mettre en actes nos valeurs de Fraternité.

Philippe

BringTheLove MonReve
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Les anciennes "Lettre d'ATTAC 78N"
 (19 avril 2015)

Nous sommes allées avec Caroline à Calais, comme nous le faisons au moins 2 fois par an depuis des années.

Tout d’abord les locaux précédents, situés pas trop loin du centre ville, ont été repris par la mairie UMP de Calais, et un bulldozer est venu tout casser quelques jours plus tard. Il y avait une grande salle au rez de chaussée ou l’association faisait le repas du soir pour 1200 migrants, et un grand sous sol où étaient mis les vêtements qui arrivaient avant leur distribution tous les soirs. Un gendarme qui habitait en face a essayé d’empêcher, le premier jour, la mairie de changer les serrures, mais sans succès.

Nous sommes donc allés tout d’abord au centre ville, car la maison des associations récupère les vêtements et SALAM vient les chercher, mais la « marche blanche » pour la petite fille violée et tuée arrivait et la police nous a fait dégager. Nous avons alors téléphoné à une bénévole qui nous a rejoint, et nous sommes allées au centre de voile pour déposer les vêtements (le directeur du centre de voile est président de SALAM depuis le début).

Puis nous sommes allées avec la bénévole au centre Jules Ferry à 4 km environ de Calais, plus 1 km de chemin caillouteux dans la jungle. Heureusement que nous avions un 4/4, autrement ma voiture aurait souffert. Le centre Jules Ferry est le nouveau centre de jour payé par les anglais il y a 6 mois, pour que la France empêche les migrants d’aller en Angleterre. C’est un grand espace d’herbe et terre, clos avec une grille verte, et fermé la nuit. Un car de police est en stationnement devant toute la journée, et la police était très intriguée par notre présence et l’immatriculation 92 de notre voiture.

Un gardien migrant est toute la journée devant la porte ouverte en grand. Les migrants rentrent et sortent en permanence, il y en a entre 1800 et 2200, personne ne connaît leur nombre exact. Il y a aussi 40 bénévoles à temps plein et une dizaine de très jeunes salariés en emplois aidés, filles et garçons formidables, tout le monde nous a parlé et a rigolé avec nous. Tous portent un gilet orange qu’on nous a fait mettre également.

Dans un grand espace de terre avec bancs et deux grands préaux, un mur de 2 m de large offre 50 prises électriques pour recharger les téléphones. Ici, deux migrants et des bénévoles distribuent chaque jour à volonté, 80 litres de café et de thé.

A la droite de l’entrée, il y a un grand espace complètement fermé à nouveau par des grilles vertes avec 2 bâtiments neufs, un pour les femmes célibataires, et l’autre pour les femmes avec enfant. Il n’y a rien pour les couples. Nous avons juste vu un gamin de 5 ans qui jouait entre les 2 bâtiments. Il y a ici environ 50 femmes, avec un certain confort de douche, cuisine, lits... par rapport aux hommes. Elles restent la nuit. Dans le centre homme, il y a 60 douches neuves au total, et ils ont droit à 4 minutes d’eau chaude par personne.

Ensuite nous sommes allées à la distribution du repas du soir à 17h. Il y a toujours 2 autres cars de police à partir de 16h devant la distribution. Pour éviter les bagarres, un chemin de 100 mètres environ a été encadré avec des barrières. A 16h15 il y avait déjà 50 mètres de queue. Les migrants rentrent par groupes de 15 dans le bâtiment, et prennent un sac plastique avec ce jour là pomme, pain et yaourt. Puis le repas chaud est servi dans un petit plateau en plastique. La nourriture arrive toute prête, préparée par le secours populaire et la croix rouge. De 20 à 25 personnes font la distribution.

Il y a avait un très jeune migrant qui demandait à la bénévole que nous accompagnions, un paire de baskets, car sur la sienne, on voyait la semelle complètement décollée qu’il avait attachée sur le dessus du pied avec une bande velpeau.

La bénévole voulait faire avant la distribution le tri des vêtements, chaussures, couvertures.... que nous avions apporté, car les migrants se seraient battus pour tout avoir. Tous les soirs, son mari vient avec une camionnette pour la distribution de vêtements. Les nouveaux arrivants ont un ticket et sont prioritaires, ils ont droits aux vêtements, chaussures et à une couverture. Ensuite viennent les autres comme ce jeune qui avait besoin de baskets. Beaucoup réclame des couvertures car la nuit il fait froid dans la jungle.

Ensuite nous avons fait la distribution d’eau. Ils ont toujours besoin de bouteille vide de 1.5 litre avec bouchon. Il n’y a au total que 3 points d’eau pour tous les migrants, c’est horrible. C’est à la sortie du camp, un grand tuyau terminé par un robinet, où nous avons rempli nos bouteilles. En repartant la bénévole nous a demandé de les déposer à 2 km dans la jungle, là où un migrant Egyptien de 30 ans et qui parle français, a fait sur un petit mont avec ses « collègues » comme il les appelle, une cabane recouverte d’une grand bâche, le luxe ! Il a commencé à distribuer les bouteilles pleines à tout le monde autour de lui.
En repartant près de l’entrée d’autoroute, il y a une autre jungle à 3 km du camp, sans eau bien sur. Donc ils marchent une bonne partie de la journée, entre la jungle et le centre, mais en ville on ne les voit pas - la maire ne voulait absolument plus qu’ils viennent en ville. En repartant nous avons croisé des voitures de Calais, et des gens à pieds qui apportaient de la nourriture déjà cuisinée et des fruits, c’est fréquent le WE nous a dit la bénévole.

Voilà, je voulais vous décrire tout cela pour que vous sachiez que les vêtements, chaussures et couvertures que vous m’avez donnés sont très très utiles et qu’ils sont utilisés rapidement. Heureusement, il y avait du soleil malgré le vent, et il faisait beau depuis plusieurs jours, mais j’imagine quand il pleut, la bouillasse dans le centre, dans la jungle... A part la douche et les WC, et la distribution des repas en 3 minutes chacun, puisque après ils sortent vite manger dehors par la seconde porte pour laisser rentrer les 15 suivants, il n’y a donc aucun endroit complètement abrité de 4 murs pour les hommes.

Et tous ces bénévoles, avec le sourire, ça fait du bien, il y a quand même des gens extraordinaires de tous les âges. J’aurai sûrement encore besoin de vos dons de vêtements, baskets... pour hommes, après les vacances d’été, si bien sûr vous en avez.

 (4 octobre 2015)

CE QUE VOUS N’AVEZ PAS VU A LA TELE,
LORS DU VOYAGE DE VALLS A CALAIS FIN AOUT 2015

Caroline d’ATTAC est allée le 23 août dernier à Calais, rencontrer l’association SALAM comme elle le fait depuis des années tous les trois mois, avec une voiture commerciale remplie de vêtements, couvertures…..
SALAM aide les migrants à Calais depuis 10 ans avec le secours populaire, la croix rouge , le secours catholique, l’auberge des migrants et biens d’autres associations.

Il y a toujours beaucoup de problèmes avec les points d’eau pas assez nombreux, car ce que j’ai vu c’est un simple tuyau qui longe à l’extérieur le centre Jules Ferry, avec 4 robinets en tout, à 2 mètres d’intervalles chacun. Beaucoup de migrants doivent faire des kilomètres pour venir chercher un peu d’eau.

Le problème des repas n’est pas vraiment résolu non plus, car les migrants doivent venir au centre Jules Ferry (ce centre fermé la nuit est à environ 5 km du centre ville de Calais, avec une « petite jungle » sur le chemin et la « grande jungle » qui est encore plus loin de Calais, à environ 7 km).

Donc les migrants commencent à faire la queue pour manger deux heures avant, entre 2 barrières qui font 250 mètres de long. Ils sont sous les orages, la pluie, la neige. Ils rentrent dans un préfabriqué, on leur donne un repas avec un sac plastique et ils ressortent par l’autre porte pour manger dehors….. un seul repas par jour, bien sûr.

Lorsque Manuel Valls, premier ministre, est allé à Calais le 31 août, on a pu le voir dans le centre Jules ferry seulement déambuler au milieu de 2 bâtiments neufs puisque ouverts en mars 2015. Il faut savoir que ces 2 bâtiments sont réservés aux femmes et aux enfants, mais saturés ; dehors dans la jungle environ 120 femmes et enfants sont sans hébergement. Ils sont fermés tout autour par une grille de 3 mètres de hauts pour éviter les viols, et interdits aux hommes. Les femmes peuvent y rester la nuit.

Mais le centre Jules ferry ouvert depuis 8 mois, ce n’est pas seulement ça. Ce sont quelques arbres, un grand terrain vague en terre, de temps en temps quelques herbes sauvages avec un baraquement pour la distribution des repas (voir ci-dessus). Ce sont aussi 2 auvents de 50 mètres de long sur 10 mètres de large, couvert de tôle ondulée sans rien pour s’asseoir, sol en terre, en plein courant d’air, avec distribution gratuite de thé et café chaud à la louche. Et un mur de 3m sur 4 m couvert de prises électriques pour le chargement des téléphones. Et une salle avec un infirmier en permanence détaché de l’hôpital. Et puis 14 douches, 3 minutes chacun, et 20 WC installés en avril 2015. Voilà.

Ici 2000 repas par jour ont été servis au mois d’août 2015. Le tout pour des milliers de réfugiés, on parle de près de 4000 en ce moment, avec des femmes et des enfants mais pas possible de connaître le chiffre exact. Ils étaient encore 800 il y a 2 ans, sans enfant et seulement une ou deux femmes.

Il faut aussi signaler que sur le chemin caillouteux, qui mène de la route asphaltée au centre jules Ferry ( 1,5 km) du côté droit, il y avait 6 maisons habitées qui avaient été construites il y a longtemps en pleine forêt, et maintenant ces habitants se retrouvent avec une jungle, à 5 mètres en face de leur maison, je peux comprendre que le spectacle des bâches ne donne pas le moral.

Ordre de Malte - France
 (2 novembre 2015)
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Louise Druelle : Aquarelles
 (2 novembre 2015)
 (22 décembre 2015)

Nous étions quatre, répartis en 2 voitures, partis ce matin du 21 novembre 2015 de la banlieue parisienne, en direction de la « Jungle » de Calais, afin d’y laisser à l’intention des réfugiés des colis de vêtements collectés auprès de nos amis, voisins et connaissances. Nous avions pris soin de communiquer à l’avance à l’association Salam les immatriculations des véhicules afin que l’on nous permette de rentrer au sein du Centre Jules Ferry, sorte de nouveau Sangatte au rabais, lequel est défendu par une grille mobile et un gardien.

En arrivant sur place, nous quittons la route goudronnée et longeons, sur un chemin boueux et défoncé – le chemin de Dunes – long d ’un bon demi kilomètre (ce jour là, il pleuvait à verse et le vent soufflait en tempête) la trop fameuse jungle, une juxtaposition hétéroclite de cabanes de planches, de cartons ou de toiles, cloués, ficelés, haubannés à la va comme je te pousse et de tentes improvisées couvertes par des bâches de chantier. Nous roulons sur ce chemin à vitesse de piéton, parcouru qu’il est par d’innombrables réfugiés, pour la plupart africains, abrités sous des couvertures ou de vagues morceaux de plastique, et dont quelques uns marchent en tongues alors qu’il doit faire au plus 6°C et que souffle ce vent mordant par rafales incessantes. Comment ne pas avoir honte, alors, de rester à bord de nos voitures chauffées et bien fermées... Nous arrivons enfin
devant l’entrée du centre, clos par sa grille ? là, règne une cohue indescriptible.

Nous nous rangeons donc en bord de chemin, et attendons que l’une d’entre nous aille communiquer nos numéros d’immatriculation afin qu’on nous laisse entrer, puisque nous étions attendus. Je descends de voiture, restant à côté de ma portière, et échange quelques mots avec de tout jeunes réfugiés qui me demandent, dans une langue que je ne peux identifier, mais en désignant clairement par gestes les ballots de linge que je transporte si on peut leur en distribuer
immédiatement, et j’essaye de leur faire comprendre tant bien que mal que la distribution aura lieu à l’intérieur, plus tard. Pendant ce temps, une amie est partie demander aux CRS présents dans une camionnette garée de l’autre côté de l’entrée si on l’autorise à prendre quelques photos, ce à quoi il lui est répondu par l’affirmative. Dans l’autre véhicule, le chauffeur n’a pas quitté le volant. Aucun
agent de la force publique ne lui fait quelque remarque que ce soit à propos de nos deux voitures...

Quelques minutes passent.

Nous passons alors la grille et nous rendons au bâtiment – un petit local en préfabriqué, qui ne doit pas excéder 25 m2 à l’intérieur duquel des bénévoles s’efforcent de trier et ranger tant bien que mal les vêtements, chaussures, couvertures qui s’entassent partout... Après avoir aidé à déballer et ranger une partie des vêtements que nous avons apportés, nous repartons, toujours sous la pluie et le vent.

La « surprise du chef » ne surviendra qu’une semaine après, lorsque nous recevrons, à titre de récompense pour notre geste, un avis de contravention pour chacune de nos voitures, (soit 35€ chacun) pour stationnement gênant, justifié par un arrêté municipal en date du 29 octobre 2015...

Mais derrière le maire, serait ce le Préfet qui aurait donné la consigne, ou faudrait-il même y voir la main du Ministère de l’Intérieur ? Je précise que lorsque nous attendions devant l’entrée du site,
aucun agent de la force publique n’est venu nous voir en nous demandant de bien vouloir déplacer nos véhicules, sous peine de verbalisation et que nous ne gênions en rien la circulation automobile,
quasi inexistante à cet endroit. Les merveilles de la technologie moderne dispensant de l’usage du carnet à souches et du stylo ont permis la généreuse attribution de ces « prunes » sans même que
nous ayons eu conscience d’avoir été en infraction.

Nous tenons à remercier ici Madame le Maire de Calais et le Ministre de l’Intérieur pour cet encouragement au bénévolat. Puisque l’Etat ne se résout à faire quelques chose que lorsqu’il y est contraint par décision de justice... Puissent nos 70€ être attribués (moins les frais de gestion, cela va sans dire !) à améliorer l’ordinaire – si l’emploi de ce terme ne paraissait pas si déplacé devant une telle misère, un tel dénuement – des réfugiés de la Jungle de Calais.

Michèle EDAINE 10 Boulevard Victor Hugo 78300 POISSY
Pascal BADOUAL Caroline DUARD Eric KOHENOFF

PJ : photocopies des deux contraventions

Copie :

Maître Camille CLEMENT
Association Amnesty International
Association ATTAC (78 et 92)
Association la CIMADE
Association Salam à Calais
Association LDH
Mairie de Calais
Préfecture du Nord
Présidence de région
Ministère de l’intérieur
Députation
La Voix du Nord
Le Canard Enchaîné
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PDF 1.3 Mo
contravention 1

PDF 1.2 Mo
contravention 2
Mediapart
 (24 février 2016)
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