Des coups en veux veux- -tu, en voilà ! Stop !

Coup de blues et coups de colère

Depuis des mois, tous les jours, venant de Trump, Poutine, Erdogan, d’Italie, d’Israël, de Syrie, de Pologne, du Brésil, de France ou d’ailleurs, c’est l’avalanche de sales coups, de mauvaises nouvelles sociales, politiques, économiques, environnementales, et autres coups tordus minant notre moral qui prend un coup dans l’aile, pompant notre énergie assaillie de coups de barre.
A tel point qu’on s’interroge s’il est déjà « minuit dans le siècle » comme l’écrivait le révolutionnaire russe Victor Serge en 1939 face au nazisme et au stalinisme bien installés. D’un coup d’oeil, la comparaison avec cette sombre période n’est pas un coup du sort et semble relayée de toutes parts. Comme une roue de l’histoire tournant à l’envers, cette petite musique sert aussi à faire rentrer dans le rang, faire peur ou tomber en désespérance. Y céder n’évitera pas les coups de bambou.
N’espérons ni coup de baguette magique ni coup de pot ou coup de grâce.
Mais connaissant les causes, sachons alors chasser ce blues plombant et si peu musical, pour sortir ensemble de cette spirale infernale, donner des coups de collier par d’audacieux coups de théâtre collectifs et solidaires pour de bénéfiques coups de balai. Ca vaut le coup d’en mettre un sérieux coup !

Coup de poignard dans le dos

de la part du service public de La Poste fermant depuis des années de plus en plus de bureaux locaux (2000) sous prétexte de baisse de fréquentation (organisée de fait par réduction des horaires !), charge et désorganise à outrance les centres de distribution comme dans le 78. Tout ça pour des objectifs de rentabilité, au détriment des usagers et du personnel en souffrance.
Mais la résistance existe comme à Flins sur Seine où la population refuse catégoriquement le projet de déplacement à Carrefour, après la fermeture des bureaux de Bouafle, bientôt Ecquevilly, pendant que d’autres sont surchargés comme aux Mureaux.
Soutenue par le Conseil municipal, une pétition du Collectif « Sauvons ensemble notre poste en danger » a recueilli très vite des centaines de signatures. Une réunion publique de 120 personnes le 5 novembre a au contraire demandé un poste supplémentaire.... A suivre !

Coup de colère et carton rouge

Aux autorités de l’État dans le 78 (et ailleurs) qui ont porté un coup de grâce aux campements de nombreuses familles roumaines de Triel sur Seine le 14 juin. Sur les plus de 144 personnes expulsées seules 35 personnes ont obtenu des solutions de relogement ou d’hébergement stables de la part des services de l’État. Parmi les autres, très peu ont pu trouver, par leurs propres moyens, des solutions correctes. Le 115 ne répondant pas, la plupart reste en errance ou en squat menacé d’expulsion (Buchelay) ; dans des abris de fortune d’où ils sont chassés, comme d’autres à la rue dont les Tibétains de la plaine d’Achères. Tout aussi indigne : pas de suivi social pour ces personnes vulnérables. Et ce malgré les protestations, multiples courriers et le soutien du collectif Romyvelines.
Un scénario identique s’est produit à Montigny le Bretonneux.
« Se débarrasser d’un problème social en dégageant des familles pauvres vivant dans le secteur depuis plus de 10 ans, est-il acceptable dans un département qui ne manque ni de terrains ni de lieux à réhabiliter ? Est-il supportable d’envoyer un enfant de 4 ans dormir à la rue ? ou un enfant de 8 ou 10 ans ? ou une personne âgée ? ou une femme ? Ou n’importe quel être humain ? » interroge Romyvelines.

ROMEUROPE dont Romyvelines est membre, communique la veille de la trêve hivernale (qu’il faut faire appliquer à certaines autorités du 78 !) :
« Le gouvernement annonce vouloir faire des familles à la rue « une priorité absolue ». Pourtant, depuis le début octobre, des centaines de familles ont été jetées à la rue par la force publique, à la suite d’expulsions ou d’évacuations de squats et de bidonvilles. A Toulouse, Corbeil-Essonnes, Argenteuil, Vitry, La Courneuve, Ris-Orangis, Nantes, Melun, Marseille, Cergy, Montreuil, Valence, Choisy le Roi, Chambéry, au moins 1500 personnes ont été expulsées rien qu’en octobre ... moins d’une centaine a été orientée vers un logement ou un hébergement stable.../...
Nous appelons le ministre de l’intérieur à interdire aux préfets de recourir à la force publique pour expulser sans relogement ni hébergement stable les habitants des squats et des bidonvilles pendant la trêve hivernale qui débute demain.
Cette trêve laisse dès à présent au moins 5 mois pour élaborer - avec les personnes concernées - des solutions dignes et durables de sortie de bidonville.
Nous appelons le premier ministre à exiger des 8 ministres signataires de l’instruction du 25 janvier 2018 une application immédiate et concertée de ce texte, en articulation avec le « Plan Logement d’abord » et la « Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté ». Au-delà des mots, nous attendons des actions concrètes et immédiates. A défaut, de nombreux enfants continueront de grandir dans la rue, dans des bidonvilles ou des squats en France. »

Coup de coeur

à RESF 78 Réseau Éducation Sans Frontières pour sa brochure Que sont-ils devenus ? Ils et elles ont migré en France, y ont été scolarisé.es, s’y sont installé.es. 200 sont régularisés depuis 2013. RESF78 donne la parole à 20 de ces jeunes quelques temps après. Les témoignages sont publiés sur le site « http://www.resf78.ouvaton.org/ » Visitez le !
C’est émouvant, poignant, enrichissant, parfois révoltant, mais encourageant et magnifique.... en donnant ainsi un sens à ce que l’on affirme nous aussi : ils sont vraiment une richesse pour notre pays !

Coup de chapeau


aux 10 ans du Cercle silence de Versailles qui se manifeste tous les 2 es jeudis du mois de 18h à 19h place du marché aux fleurs, pour « exprimer publiquement le traitement inhumain et dégradant fait aux familles et aux travailleurs migrants en situation irrégulière en France, en rassemblant régulièrement, dans un espace public, des femmes et des hommes d’horizons et convictions divers. » https://sites.google.com/site/
Autre cercle de silence à Mantes la Jolie tous les 3 es samedis du mois de 11h à 12h, place St Maclou, depuis de nombreuses années aussi ....

Coup de pouce.

à la Coordination Nationale des Collectifs de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité qui se bat depuis des années pour préserver un système de santé publique digne de ce nom alors qu’il est attaqué de toutes parts par une accumulation de contre-réformes le bradant au privé au détriment du personnel à bout et des usagers démunis. Nous reviendrons bientôt sur ce sujet avec l’exemple de Poissy.
Visitez le site et inscrivez-vous à la formidable lettre d’information qui relate régulièrement ce que les grands médias négligent. http://coordination-defense.org cda12550@coordination-defense-sante.org

Coup de maître

à Maurice Martin, professeur d’histoire honoraire, qui a mené de main de maître la séance passionnante de l’Université Corot de Mantes du 3 novembre à Dennemont sur L’armistice de 1918.
Introduction par la Chorale des Rouges gorges avec des chants anti-guerre sur cette période (la Chanson de Craonne, la Butte rouge, Les tourneuses d’obus, Pour l’exemple...).
L’analyse historique et géopolitique fut très fouillée et percutante, montrant l’horreur de cette guerre subie par des milliers de soldats, avec l’exemple très vivant de Paul Masson, paysan et « poilu » de Follainville. Les traités alors signés en 1918, expliquent la plupart des conflits de guerre depuis et encore aujourd’hui.
Surtout, ce qui est trop rarement enseigné, surprit une partie des 150 présent.es : la fin officielle et précipitée de cette guerre le 11 novembre 1918 afin d’éradiquer les situations révolutionnaires en Europe, suite à la révolution russe de 1917, année essentielle, et celle en Allemagne anéantie dans le sang en 1919 par l’assassinat de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Nous faisons nôtre la conclusion affirmée et applaudie : « Dommage que pour commémorer ce centenaire, on ne dise pas partout comme sur quelques monuments aux morts français : « Maudite soit la guerre »  !

Coup de semonce

Les 23 et 24 octobre, des milliers de femmes employées par la municipalité de Glasgow ont participé à l’une des plus grandes grèves de l’histoire du Royaume-Uni pour l’égalité de salaire entre hommes et femmes.
Le succès de leur mobilisation ouvre un cycle de négociations avec le conseil municipal après des années de tergiversations. Cette grève fait écho à celle, massive des femmes espagnoles le 8 mars dernier.
A quand en France, alors que chaque année dès 15h 36 le 6 novembre les femmes salariées travaillent gratuitement, du fait de l’inégalité salariale ?

Coup d’épée dans l’eau

et flop pour le lancement de la campagne européenne de Marine Le Pen dimanche 23 septembre à Mantes la Ville, seule mairie RN d’Ile de France, avec 200 personnes dans une salle engrillagée et protégée par des CRS.
A saluer une présence active et nombreuse lors du rassemblement et la manifestation unitaire (syndicats, associations, citoyens) au travers de la ville, afin de dénoncer les méfaits concrets de ce parti décliné au niveau local : austérité, autoritarisme, inégalités, injustices, discriminations, non-respect de la légalité et incompétence. Et pour rappeler que le RN n’est pas un parti comme un autre.

Fabienne Lauret, 9 novembre 2018