Reconquérir notre autonomie alimentaire
Où comment éviter le désastre

Le système néo-libéral nous mène droit dans le mur de multiples manières, mais sa voie la plus rapide vers le désastre est probablement celle empruntée par l’agriculture intensive. Bien qu’extrêmement préoccupante la situation est probablement encore récupérable, pour peu que les prises de consciences qui semblent s’amorcer dans la population s’amplifient et s’étendent rapidement, et soient suivies d’actions concrètes à la base.

C’est pourquoi tout le monde devrait aller voir sans tarder le film Solutions Locales pour un Désordre Global de Coline Serreau. Ce documentaire très pédagogique expose clairement les ravages provoqués par l’agriculture intensive, et la recherche du profit « avant toute autre considération » caractérisant le capitalisme dans sa phase néo-libérale (et terminale ?). Il montre également que les pratiques permettant de revenir à une agriculture respectueuse de l’environnement, de la vie et de l’humanité sont bien connues, déjà largement mises en oeuvre de par le monde, que ces pratiques fonctionnent, réparent les dégâts et proposent une vie et une santé améliorées en garantissant une sécurité alimentaire pérenne.

« Avec ce film, je montre qu’il existe partout dans le monde des gens qui, sans se connaître, font la même chose, ont la même philosophie de vie et les mêmes pratiques envers la terre nourricière. Mettre en lumière cette universalité des solutions, tout autant que leur simplicité, c’était vraiment le but du film »
— Coline Serreau

Au delà de la seule problématique agricole, le film laisse entrevoir qu’une voie sûre pour sortir du système néo-libéral mortifère, est la reconquête de l’autonomie alimentaire à l’échelle locale et régionale, préalable incontournable à toute autonomie véritable des populations.

En ce sens, le « Récit de la libération de terres du 28 mars à Dijon et appel à venir cultiver » est un beau signe d’espoir, un exemple d’action concrète récente démontrant que la prise de conscience progresse. Le système étant fermement régulé et verrouillé par le haut, c’est par la base qu’il faut agir, non moins fermement.

En complément du film, on pourra lire les deux interview de Jean-Pierre Berlan publiés sur www.article11.info:


(I) : « Derrière les OGM, c’est un projet de mort qui s’impose »


Vous ne vous intéressez pas au contenu de votre assiette ? L’agriculture, ça vous broute ? Vous ne devriez pas, tant se joue là notre avenir. Avec l’industrialisation de l’agriculture et la marchandisation du vivant, c’est la mort qui pointe le bout de son nez. Celle de la diversité et - donc - de l’humanité. Le chercheur Jean-Pierre Berlan en livre ici une démonstration limpide et effrayante.


(II) : « Il faut réinventer le contraire du monde dans lequel nous sommes »


Il y a deux jours, le chercheur Jean-Pierre Berlan évoquait ici-même le brevetage du vivant et l’industrialisation de l’agriculture. C’était si limpide et passionnant qu’on ne pouvait en rester là : voici donc la deuxième partie de l’entretien. L’occasion de souligner que la critique des errements de l’agriculture doit s’inscrire dans une plus large dénonciation du capitalisme et de la société de contrôle.

Pierre Cousin, 16 avril 2010