La dernière "Lettre d'ATTAC 78N"
 (22 janvier 2019)

21 janv. 2019 Par Maxime Combes Blog : Sortons de l’âge des fossiles !

En plein mouvement social exigeant plus de justice fiscale et sociale, Emmanuel Macron déroule le tapis rouge à Versailles pour 150 patrons de grandes entreprises, dont bon nombre sont impliquées dans des scandales d’évasion fiscale, suppriment des emplois ou ont des pratiques nocives pour le climat et la planète : #ChooseFrance ou comment tout sacrifier au nom du Business as usual ?

Documents associés à l'article
Les anciennes "Lettre d'ATTAC 78N"
 (7 décembre 2018)

Tribune paru dans Libération dont ATTAC est signataire.
Le mouvement des gilets jaunes met dans le débat public l’ensemble de la politique sociale du gouvernement. Plus largement ce sont les politiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements successifs depuis des décennies qui sont en cause. Fins de mois de plus en plus difficiles, précarisation toujours accrue du travail, injustice fiscale, logements chers, conditions de vie qui se détériorent, telle est la situation subie par la majorité de la population. Ce qui touche en particulier les femmes, très nombreuses à se mobiliser dans ce mouvement. Dans le même temps, l’évasion fiscale n’a jamais été aussi importante et les plus riches se sont vu offrir de multiples allègements d’impôts : suppression de l’ISF, flat tax de 30 % pour les revenus du capital qui ne sont plus soumis à l’impôt progressif, baisse de l’impôt sur les sociétés… Dans ces conditions, l’augmentation des taxes sur les carburants est apparue comme « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».

En dépit d’une tentative de mainmise de l’extrême droite sur le mouvement, celui-ci se caractérise par son auto-organisation horizontale et pose l’exigence d’une démocratie réelle contre une présidence autoritaire et méprisante. A l’heure où se déroule la COP 24 en Pologne et où la lutte contre le réchauffement climatique est urgente, ce mouvement met également en évidence le lien entre la question sociale et les impératifs écologiques : les plus grands pollueurs sont exonérés de tout effort, les principales causes du réchauffement climatique ne sont pas traitées, la casse des services publics et des commerces de proximité et l’étalement urbain se poursuivent, les alternatives en matière de transport en commun ne sont pas développées. Le modèle du logement social en France est en mis en péril par sa marchandisation au profit des grands groupes privés. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas aux classes moyennes et populaires de payer la transition écologique.

La politique du gouvernement ne répond ni à la colère sociale ni aux impératifs écologiques. Le gouvernement laisse les multinationales et les lobbys productivistes n’en faire qu’à leur tête en privilégiant toujours plus leur intérêt propre et celui de leurs actionnaires au détriment du plus grand nombre et de l’avenir de la planète. Pendant des jours, le gouvernement a campé sur une posture intransigeante, refusant le moindre geste et clamant qu’il maintenait le cap et ce, malgré le fait qu’une énorme majorité de la population soutenait ce mouvement. Cette attitude a entraîné une exaspération croissante qui a conduit à des actes de violence dont le gouvernement pouvait espérer tirer parti. Cela n’a pas été le cas et le soutien de la population est resté massif.

Le gouvernement vient d’annoncer, entre autres, le gel, puis l’annulation de l’augmentation des taxes sur les carburants. C’est un premier recul mais c’est trop peu, trop tard, car c’est de toute la politique sociale et de ses conséquences économiques et écologiques qu’il faut discuter. Alors même que la jeunesse a décidé de se mettre en mouvement pour contester les choix éducatifs du pouvoir, c’est un changement de cap qu’il faut imposer. Pour commencer, il faut répondre aux revendications syndicales en augmentant le smic et en revenant sur le plafonnement de l’augmentation des retraites à 0,3 %, rétablir l’ISF et taxer les multinationales, dont Total, les Gafa et les banques qui financent les énergies fossiles pour investir massivement dans l’isolation thermique des bâtiments et les énergies renouvelables.

C’est pourquoi, les soussigné·es, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires, artistes, etc., soutiennent les revendications de justice fiscale et sociale portées par le mouvement des gilets jaunes. Ils appellent la population à se mobiliser pour imposer une politique qui permette de mieux vivre, et à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes
Voir l’ensemble des signataires sur
https://france.attac.org/se-mobiliser/justice-sociale-et-climatique/article/justice-sociale-justice-climatique-c-est-un-changement-de-cap-qu-il-faut

 (17 décembre 2005)

Le titre de cet article est repris du livre de François Soult (Ed. Calmann Lévy), ancien élève de l’ENA, haut fonctionnaire.

L’aberration technique, économique et sociale de la privatisation

Démonstration par François Soult :

articles divers :

Actualité

  • L’action EDF se réveille après l’annonce de suppressions de postes (Les Echos du 09 Decembre 2005) -
    En confirmant la suppression de 5.000 à 6.000 postes ces deux prochaines années, EDF a redonné des couleurs à son titre en Bourse. Pour la première fois depuis son introduction le 21 novembre dernier, l’action est repassée hier au-dessus de 32 euros pour terminer la séance à 32,30 euros, en hausse de 2,02 %. La diminution programmée des effectifs de l’électricien a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a expliqué hier que ces suppressions de postes faisaient partie « des exigences du monde d’aujourd’hui ». Les syndicats dénoncent la nouvelle « logique boursière » de l’entreprise. voir article à télécharger en bas de page
Documents associés à l'article

Word 19 ko
Action EDF

Les Echos, 9/12/05

 (4 février 2006)

Lundi 30 janvier 2006, un quart d’heure avant le début du conseil municipal, la salle est déjà blindée de militants UMP

Mantes la Jolie , Conseil municipal calamiteux : triste soirée de plus pour la démocratie !
Lundi 30 janvier 2006, un quart d’heure avant le début du conseil municipal, la salle est déjà blindée de militants UMP. Craignant la réaction des parents d’élèves, ils sont venus soutenir le maire et la majorité municipale qui ont décidé, en dehors de toute concertation avec la population, de fermer l’école primaire Paul Bert à Gassicourt.

Plusieurs parents d’élèves sont en effet là et manifesteront, en fin de conseil lors des questions diverses, leur opposition à cette décision arbitraire. Ils le feront silencieusement et dignement, comme ils l’avaient déjà fait à propos des mauvaises conditions de facturation de la cantine. Il faut dire qu’ils en ont de la patience ces parents ! Etant mis devant le fait accompli, ils ont commencé à s’organiser pour faire valoir leur point de vue. Installant une banderole de protestation sur l’école Paul Bert, celle-ci a été arrachée en catimini à la demande du maire, Michel Vialey. Lui demandant audience samedi 28 janvier, à l’issue d’une manifestation, celui-ci n’a pas trouvé d’autre réponse que de faire fermer les grilles de la mairie, qui est pourtant la Maison des Citoyens. Puis, essayant de le rencontrer lors d’une réunion de l’ASM, certains de ces parents ont été bousculés. Bref, pas cool.

Quant au déroulement du conseil municipal, ceux qui n’y avaient jamais assisté en sont sortis atterrés. D’abord parce qu’aux questions précises, le maire n’apporte généralement aucune réponse. Cela fait drôle...de se voir opposer un « cause toujours, tu ne m’intéresses pas ! ». Ensuite parce que, sur le fond, le conseil municipal n’est plus un lieu de débat : aucun des conseillers de la majorité municipale ne conteste ou ne s’interroge sur les décisions du maire ; vis-à-vis de l’opposition, il y a un réel refus de poser politiquement les problèmes en échangeant des arguments sur les choix qui sont faits.

Enfin une partie des militants UMP a dérapé. Des propos racistes ont été tenus à plusieurs reprises, sous les oreilles de témoins médusés. Florilège : « on va pas mettre des bougnoules dans les logements sociaux du centre-ville ! » ; « de toute façon, qu’est-ce que c’est ces gens-là, c’est des rats ! » ; « fais pas attention à cette race-là ! » ; « sale Arabe ».

Arbitraire ; refus du débat et de la réflexion démocratique ; racisme. On va où, là ?

Joël Mariojouls, conseiller municipal de Décil (Démocratie et citoyenneté locales).

 (11 décembre 2018)


Emmanuel Macron est toujours le Président des ultra-riches : il a fait le choix de préserver les intérêts des 1% les plus riches en ne revenant pas sur la suppression de l’ISF, l’allégement de l’Exit tax ou l’instauration de la Flat tax. Contrairement à ce qu’il prétend, l’exécutif n’a pas écouté les exigences populaires exprimées depuis des semaines en faveur de mesures fiscales plus redistributives : il maintient le cap d’une politique profondément inégalitaire et inefficace qui grève le budget de l’État.

L’annonce d’une hausse du SMIC de 100 euros est une véritable arnaque puisque le SMIC n’est pas revalorisé, pas plus que les salaires juste au-dessus du SMIC. Le salaire perçu va augmenter via la hausse de la prime d’activité, qui était déjà dans les tuyaux. Magnifique tour de passe-passe que tente le Président. Plutôt que de faire financer les hausses de salaires par les entreprises, il fait payer les contribuables. La défiscalisation des heures supplémentaires profitera d’ailleurs aux salarié·e·s les mieux payé·e·s et qui ont la possibilité d’en faire. C’est par ailleurs des ressources en moins pour le budget de l’État. La désocialisation conduira mécaniquement à une fragilisation de notre système de protection sociale »

Les populations les plus en difficulté sont par ailleurs oubliées : aucune augmentation des minimas sociaux n’a été annoncée, tandis que les retraites ne sont toujours pas indexées sur le coût de la vie, une revendication exprimée depuis plusieurs semaines. Étudiant·e·s et lycéen·ne·s, mobilisé·e·s dans la rue et largement réprimé·e·s, sont complètement ignoré·e·s par l’exécutif.

Emmanuel Macron s’entête à poursuivre une politique qui consiste à basculer la fiscalité des entreprises sur les ménages et à préserver les intérêts acquis des multinationales (CICE, CIR, etc) et de leurs actionnaires ; alors que les investissements-climat des entreprises françaises stagnent depuis plusieurs années et pourraient même baisser en 2018, l’exécutif rate l’occasion de réorienter, par voie réglementaire et fiscale, les investissements privés vers la transition écologique et ainsi réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays qui sont reparties à la hausse

En refusant de réduire structurellement les inégalités fiscales et sociales dans le pays, Emmanuel Macron confirme avoir endossé son costume de « Président des riches » au détriment des intérêts des plus pauvres et plus précaires, mais également au détriment d’une politique de transition écologique chaque jour plus nécessaire. La baisse confirmée de la dépense publique ne pourra qu’aggraver la situation des services publics et de la protection sociale. La poursuite de son agenda néolibéral (réformes des retraites, de la fonction publique et de l’assurance chômage) illustre le mépris et l’incompréhension du gouvernement envers les mobilisations en cours. De plus, Emmanuel Macron n’hésite pas à faire un appel du pied à l’extrême-droite sur la question de l’immigration pour tenter de détourner la colère sociale actuelle.

Le pouvoir reste sourd aux exigences légitimes exprimées. Attac France appelle ses adhérent·e·s, et ses comités locaux à rester mobilisé·e·s et être présent·e·s dans les mobilisations des jours à venir, notamment le vendredi 14 à l’appel d’organisations syndicales et samedi 15 décembre à l’occasion de l’acte 5 du mouvement des « gilets jaunes », pour exiger plus de justice sociale, fiscale et écologique.

Analyse politique
Il n’y a pas de dignité humaine possible hors d’une réelle démocratie
 (2 février 2008)

Nous devons dénoncer cette perversité qu’est l’illusion de la démocratie car elle disculpe les
« coupables » et culpabilise les victimes. On ne peut trouver plus grande ignominie. Il est donc
grand temps de permettre l’émergence d’acteurs politiques cohérents et dignes de la
démocratie afin de la ranimer et de toujours l’améliorer face aux enjeux humains, sociétaux et
environnementaux qui n’attendent pas.
Texte présenté par le CA du comité local Attac 78 nord

 (1er décembre 2018)

Sa taxe sur les carburants : une injustice fiscale en plus !

Cette taxe touchera d’abord les plus précaires, qui n’arrivent déjà pas à boucler leur fin de mois : les carburants représentent 8% des revenus des 10% les plus pauvres, seulement 4% pour les 10% les plus riches !

Cette taxe s’ajoute à bien d’autres augmentations de charges pour celles et ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois : baisse des aides pour le logement, augmentation de la CSG pour les retraités...

En même temps, le gouvernement a multiplié d’énormes cadeaux fiscaux pour les très riches, certains ont ainsi gagné des dizaines de milliers d’euros par an supplémentaires : suppression de l’ISF, plafonnement des taxes sur les revenus financiers, etc. Comme les gouvernements précédents, il ne fait rien ou presque contre l’évasion fiscale : les multinationales et les très riches extorquent au moins 60 milliards d’euros par an à l’État français.

Depuis 20 ans, les riches sont de plus en plus riches, les autres de plus en plus pauvres, avec de plus en plus de dépenses contraintes (logement, alimentation et cantines scolaires, électricité et gaz...). Et la politique d’Emmanuel Macron empire encore la situation.

Sa taxe sur les carburants : inefficace pour la transition écologique

Pour qu’elle soit efficace, cette taxe devrait pousser à moins conduire. Or c’est impossible puisque le gouvernement :

> ne développe pas de transports en commun efficaces et peu chers : au contraire la réforme de la SNCF va fragiliser les lignes de train secondaires
> poursuit la destruction des services publics et des commerces de proximité... alors que la France est déjà un des pays européens qui a le plus d’étalement urbain.

Pour qu’elle soit efficace, cette taxe devrait financer la transition écologique. Or c’est impossible puisque le gouvernement :

> utilise seulement une toute petite partie de la hausse de la taxe sur les carburants pour la transition écologique
> alloue un budget trop faible à la transition écologique et ne peut donc pas financer convenablement la rénovation des logements qui doit être accessible à tous, le développement des énergies renouvelables et propres, la transition de la production agricole...

Cessez de faire payer les pauvres, faites payer les riches et les grandes entreprises polluantes

> par une taxe carbone efficace et dissuasive sur les industries les plus polluantes, qui aujourd’hui polluent sans rien payer
> par une taxe sur le kérosène (transports aériens) et le fioul lourd (gros navires)
> par un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone pour les ménages, artisans et petites entreprises, tant qu’il n’y aura pas de réduction forte des inégalités et de développement d’alternatives au tout-voiture et à l’étalement urbain.

Il est tout à fait possible de concilier le social et l’écologie, c’est même le seul moyen de vivre mieux, mais c’est l’inverse que fait Macron !

Retour vers l'accueil
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Espace privé | SPIP | Site hors zone AGCS