La dernière "Lettre d'ATTAC 78N"
 (11 octobre 2018)

Face à l’urgence climatique et la menace d’une nouvelle crise financière, nous n’avons plus le luxe d’attendre. Deux jours après la publication du rapport du GIEC, Attac et 350.org ont lancé une seconde phase de la campagne #PasAvecNotreArgent.

Objectif : faire en sorte que l’argent du livret de développement durable et solidaire (LDDS) ne serve plus à financer les énergies fossiles et les industries toxiques.


L’épargne placée par les français·e·s sur les 23,9 millions de LDDS s’élevait à 106 milliards d’euros en juin 2018. Vous pensez, que cet argent sert à financer le développement durable et la solidarité ?
Non !

Les banques et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) collectent et gèrent le LDDS de manière opaque. En réalité, seule une petite partie de cet argent financerait la transition écologique, les travaux d’économie d’énergie dans les bâtiments anciens ou l’économie sociale et solidaire.

Pire, les grandes banques et la CDC sont incapables de garantir que l’argent du LDDS n’alimente pas les 200 multinationales responsables de 90% des émissions de gaz à effet de serre, cause majeure des dérèglements climatiques.

Un rapport publié en décembre 2017 par 350.org et l’Observatoire des multinationales démontre que la CDC investit massivement dans des multinationales du secteur des combustibles fossiles telles que Engie ou Total et notamment dans 12 projets particulièrement polluants et dangereux pour le climat et les communautés.
Alors que faire ?

  • Exiger la transparence à la CDC et aux banques sur l’usage qu’elles font de l’argent du LDDS ;
  • Obtenir l’exclusion des 200 entreprises responsables de 90% des émissions de gaz à effet de serre, par une réglementation stricte et contraignante, des portefeuilles financés par l’épargne du LDDS.

Signer la pétition

Documents associés à l'article
Les anciennes "Lettre d'ATTAC 78N"
 (2 avril 2006)

C’EST POURQUOI LES ORGANISATIONS SIGNATAIRES APPELLENT A S’ENGAGER POUR EN FINIR AVEC LA DOUBLE PEINE.

Premiers signataires : ANVP, CIMADE, GISTI, LDH, MIB, MRAP.

NON LA DOUBLE PEINE N’A PAS ETE ABOLIE !

Avec la loi du 26 novembre 2003, le Ministre de l’Intérieur prétend avoir aboli la « double peine ». Il n’en est rien.

L’expulsion d’un étranger qui a effectué une peine de prison reste une possibilité prévue par la loi et une réalité quotidienne.

La réforme s’est contentée de créer des catégories dites « protégées » extrêmement limitées, de sorte qu’aucun étranger n’est protégé absolument contre l’expulsion, malgré de fortes attaches familiales et une vie établie en France depuis de longues années.

Ainsi en est-il des personnes nées ou arrivées très jeunes en France, des conjoints de Français, des parents d’enfants français qui résident en France depuis longtemps.

Par ailleurs, certains étrangers, soit-disant protégés du fait de leurs attaches personnelles et familiales, ne sont toujours pas régularisés ou réadmis sur le territoire français.

La double peine sépare des couples, des parents de leurs enfants. Des familles sont éclatées au mépris de leur droit le plus élémentaire à vivre en famille.

La double peine viole le principe d’égalité devant la loi.
La double peine interdit l’amendement : elle refuse à la personne qui a accompli sa peine la possibilité de retrouver sa place dans la société.
La double peine est discriminatoire : elle sanctionne le fait d’être étranger.
La double peine est inhumaine : elle brise des vies.

 (29 juin 2006)

Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents tombera. Des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, verront leur avenir et leur vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police.
SIGNEZ LA PETITION

Les liens vers RESF et RESF78

 (2 mai 2006)

Une pétition pour redire haut et fort que nous voulons nous battre contre le racisme et contre l’intégrisme. Contre tous les racismes
(antiarabe, antijuif, antifemme ou antihomosexuel) et tous les intégrismes.
Signez !

 (2 mai 2006)

La circulaire ministérielle du 21 février 2006 , adressée aux préfets et procureurs, explique dans les moindres détails les modalités d’interpellation des personnes sans titre de séjour. Elle mentionne les lieux où peuvent être effectuées les interpellations. Il s’agit des :

  • hôpitaux (salles d’attente, halls d’accueil...)
  • blocs opératoires
  • centres d’accueil pour toxicomanes
  • véhicules (donc les bus associatifs, les véhicules des pompiers, les ambulances ...)
  • sièges d’associations

Mais aussi des :

  • quartiers connus pour abriter des personnes en situation irrégulière
  • foyers et centres d’hébergement et leurs alentours
  • guichets des préfectures après s’être assurés que les termes de la convocation au guichet ne puissent être contestés dans leur légalité (mais cachent à l’étranger l’intention de l’arrêter)

C’est là remettre en cause les principes fondateurs de notre déontologie à commencer par cette règle tacite mais admise qui protège les patients dans les lieux de soins. L’hôpital et les lieux de soins ont une mission de santé publique et remplissent à ce titre un rôle de protection de l’ensemble de la population.

Ce n’est plus le cas.

En allant jusqu’à évoquer la possibilité d’interpellation au bloc opératoire, la circulaire indique bien qu’aucun lieu n’est plus protégé.

Le droit aux soins est inscrit dans le préambule de la constitution française. C’est un droit fondamental de la personne humaine. Il ne doit jamais être utilisé à d’autres fins que la préservation de la santé.

Nous, soignants, hospitaliers, libéraux, associatifs, refusons expressément aux forces de l’ordre l’entrée dans nos salles d’attente ou halls d’accueil pour y procéder à des contrôles ou interpellations.

Nous, soignants, hospitaliers, libéraux, associatifs, continueront quoiqu’il arrive à accueillir tout patient pour les soins dont il a besoin en respectant notre serment d’Hippocrate.

Nous, citoyens, refusons la remise en cause de ces principes fondamentaux et demandons le retrait immédiat de cette circulaire.
Nous appelons tous les professionnels de santé, les syndicats et tous les citoyens à rejoindre cet appel.

 (15 juin 2006)

Nous savons que le Conseil Constitutionnel ne peut être directement saisi, en l’état actuel du droit, par les citoyens.
Cependant, nous avons décidé d’agir et de prendre l’initiative d’une saisine citoyenne de cette institution.
Nous l’avons déjà fait pour protester contre l’état d’urgence en novembre 2004.
Cette fois, nous souhaitons signifier aux élus et au Conseil Constitutionnel qu’une partie de la société est fermement opposée à la loi contre l’immigration et plus généralement au projet de société qu’elle augure et aux politiques menées actuellement

saisine en ligne.

Cette réforme se révèle particulièrement attentatoire et discriminante au regard des droits de la personne. Les nouvelles dispositions tendent en effet à rendre impossible la vie familiale des personnes étrangères et des ressortissants français conjoints d’étrangers. Ainsi, le conjoint étranger d’un français ne pourra obtenir un titre de séjour que s’il justifie d’un visa long séjour. En conséquence, il devra retourner dans son pays d’origine et être séparé de son conjoint pour y attendre la délivrance d’un tel visa afin de pouvoir revenir en France et vivre alors en toute légalité. De plus, la situation de ceux qui auraient un titre de séjour sera rendue précaire et particulièrement instable. La loi prévoit en effet que, désormais, la délivrance de la carte de résident relève du pouvoir discrétionnaire - soit du bon vouloir - du Préfet. S’agissant des conjoints et enfants d’étrangers en situation régulière, les conditions du regroupement familial sont encore durcies, rendant le regroupement, de fait, quasiment impossible. Par ailleurs, les possibilités de contester les décisions de l’administration devant les juridictions sont réduites par la nouvelle loi, portant ainsi atteinte aux droits au juge et à une justice équitable.
De manière plus générale, cette action citoyenne est l’occasion de demander une réforme des institutions et plus particulièrement celle du Conseil Constitutionnel. Son mode de fonctionnement, la désignation de ses membres, son mode de saisine,..., montrent l’existence de lacunes.
La construction d’un Etat de droit sous-tend la mise en place d’une véritable juridiction constitutionnelle avec l’instauration d’un droit de saisine directe par les citoyens, collectivement ou individuellement, notamment en cas d’atteintes à leurs droits fondamentaux, à l’instar des cours constitutionnelles existant dans la plupart des Etats européens.
En l’absence de réponse à notre première saisine, nous avons décidé de former un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme, qui siège Strasbourg.

 (20 novembre 2006)

Il a été journaliste à Libération pendant douze ans.
Il est l’auteur de deux essais sur Clearstream ("Révélation$" et "La boîte noire" aux éditions Les Arènes), ainsi que de deux documentaires réalisés avec Pascal Lorent diffusés sur CANAL+. Ses accusations sur l’opacité de Clearstream lui ont valu de nombreuses poursuites.

Fin janvier 2006, Denis Robert a à nouveau été inculpé par la justice luxembourgeoise pour injure, calomnie et diffamation. Cette "inculpation de trop" est la raison de cette pétition de soutien.

Dans l’actuelle nouvelle affaire Clearstream, Denis Robert est bien celui qui a remis le listing Clearstream à Imad Lahoud qui se présentait à lui comme un broker. Denis Robert a accepté parce qu’il lui avait proposé de l’aider à avancer dans son enquête. Il a compris plus tard qu’Imad Lahoud travaillait pour la DGSE sur la dissimulation de transactions liées au terrorisme. Dans le listing remis à Imad Lahoud, Denis Robert affirme que ne figurait aucun nom d’hommes politiques ou d’industriels ou de vedettes du showbiz.

La suite ...

Nous sommes tous des receleurs

En demandant la mise en examen de Denis Robert, pour recel d’abus de
confiance, c’est-à-dire pour avoir récupéré et utilisé pour ses livres
et ses films des documents bancaires, le Procureur de Paris, le
Ministère de la Justice et ce gouvernement s’en prennent à la liberté
d’information. Si une mise en examen devait être prononcée par les
juges, ce serait une catastrophe pour l’ensemble des écrivains, des
réalisateurs et des journalistes tentant d’exercer leur métier,
notamment sur les terrains sensibles de la politique et de la finance.

Sans vouloir prendre position sur le fond des affaires Clearstream, nous
affirmons qu’en utilisant les listings de la Banque des banques
luxembourgeoise, Denis Robert n’a fait que son travail d’information,
révélant le fonctionnement jusqu’alors caché des mécanismes bancaires
internationaux visant à l’évasion des capitaux.

Sa mise en examen serait un scandale et ne pourrait être comprise que
comme une tentative d’intimidation de toute une profession. Et donc une
attaque très grave contre la liberté d’écrire et d’informer.

Frank Eskenazi (producteur), Gilles Cayatte. réalisateur

Voir

 (4 mai 2007)

Voir le tract dans le document joint.

Sur le même sujet : La télé contre l’emploi (source La Décroissance N° 39)
La poste va installer 5000 écrans plats de télévision dans ses bureaux les plus fréquentés. Le but : réduire l’impression d’attente quand la queue pour être servi dure plus de 10 minutes. Pour lobotomiser ainsi les usagers, la Poste va dépenser 20 millions d’euros. Par contre, 2000 emplois, dont des guichetiers, vont être supprimés cette année.

Documents associés à l'article

Word 31.5 ko
Tract_poste
 (4 janvier 2018)
 (13 février 2008)

Liberté pour Mohamed Yousfi
http://maroc.attac.org/

Suite à la condamnation définitive de Mohamed Yousfi, membre d’Attac Maroc,
et des autres prisonniers d’opinion au Maroc, nous avons mis en ligne sur
notre site : http://maroc.attac.org/ une pétition à faire signer par tous
les militants d’Attac du monde entier. Aussi nous vous demandons de relayer
largement auprès de tous les militants d’Attac, de votre pays, de votre
région, de votre ville, cette information afin que la pétition soit signée
massivement.

Attac France,
Montreuil, le 13 février 2007

à la TV et d’autres textes à lire
 (11 mars 2008)

sur ARTE

A voir : une émission d’envoyé spécial sur les OGMs et Monsanto, et à lire en avant goût de son livre et de son film, des entretiens avec Marie-Monique Robin (article de Jade Lindgaard, 22/02/2008)
sur ses méthodes de travail et ses découvertes : Marie-Monique Robin : « Ne pas prendre les informations scientifiques pour argent comptant »

Auteur d’un livre et d’un documentaire à paraître sur la firme Monsanto, la journaliste Marie-Monique Robin démonte les méthodes de communication et de lobbying du producteur d’OGM. Entretien vidéo en sept parties.

Bienvenue dans le monde des lanceurs d’alerte, des revolving doors, du marketing viral et de la Google enquête : dans Le Monde selon Monsanto(parution du livre le 6 mars à la Découverte, diffusion du documentaire sur Arte le 11 mars), la journaliste d’investigation Marie-Monique Robin révèle la face cachée de la multinationale mondialement connue pour son pesticide Round-up et ses plantes génétiquement modifiées : fabrication de l’agent Orange, production de PCB, de dioxine et d’hormone de croissance bovine, dissimulation de la nocivité pour la nature et pour l’homme de ces produits, coût de l’essor de ses cultures transgéniques sur les agricultures des pays pauvres. Les méthodes de communication et de lobbying du fabriquant y sont dénoncées : rétention d’information, campagne de dénigrements contre ses détracteurs, collusion entre milieux scientifiques et politiques, appropriation progressive des ressources alimentaires du monde…

Dans cet entretien à Mediapart, Marie-Monique Robin décortique ses propres méthodes de travail, et explique le paradoxe initial de son enquête : c’est assise face à son écran d’ordinateur à arpenter Google qu’elle a découvert la plupart des faits que révèle son livre. En effet, explique-t-elle à propos de Monsanto, « presque toute l’information est publique », mais éparpillée et souvent incompréhensible aux profanes. Si elle a pu mettre la main sur quelques pépites, comme l’archive vidéo d’une visite de George Bush père, alors vice-président de Ronald Reagan, au laboratoire de Monsantopromettant d’aider la firme à se développer grâce aux dérégulations à venir, l’essentiel de son enquête a consisté à remonter aux sources des données dont elle retrouvait la trace.

AUTRE TEXTES sur Monsantoà Babylone

Monsanto à Babylone, Par Joëlle Pénochet

L’agriculture millénaire irakienne détruite par les
multinationales agro-alimentaires américaines.

C’est au coeur de la Mésopotamie qu’a été inventée l’agriculture -
avec un système d’irrigation sophistiqué -, voici plus de dix
mille ans. La plaine alluviale exceptionnellement fertile située
entre le Tigre et l’Euphrate offre des conditions idéales pour la
culture des céréales. C’est là qu’est apparu le blé sauvage dans
l’Antiquité. On y faisait pousser presque toutes les variétés
connues aujourd’hui dans le monde (plus de 200 000). Les palmiers
dattiers, qui fournissaient l’autre ressource vitale du pays,
abritaient des plantes potagères très variées.

"Contrôlez le pétrole, et vous contrôler des nations entières ;
contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations. » Henry Kissinger

Monsantoà Babylone, Par Joëlle Pénochet,
Les « semences de la démocratie » [1]

No Food Shall Be Grown That We Don't Own

Depuis son invasion en 2003, l´Iraq n´a pas été seulement spoliée par ses agresseurs de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire.

En violation de la Constitution irakienne, et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l´occupant doit respecter la juridiction du pays occupé, l´administrateur provisoire Paul Bremer (un ancien collaborateur de Kissinger) a édicté, avant l´installation d´un gouvernement fantoche par Washington, cent ordonnances scélérates qui ont force de loi et qui ne peuvent être abolies ni modifiées par aucun gouvernement irakien (article 26 de la nouvelle constitution). Le pays tombait ainsi sous le joug économique total de l´Occupant, qui avait décidé de réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néo-libéral américain.

L´ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto(le fabriquant de l´agent Orange), Syngenta et Dow Chemicals. Elle conduit à la destruction irréversible de l´agriculture Iraqienne. L´Afghanistan avait subi le même sort en 2002.

Biopiratage dans le jardin d´Eden

Cette ordonnance, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d´acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales américaines - alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.

La règle de « Protection des variétés des plantes » (PVP), au centre de cette loi, ne traite pas de conservation de la biodiversité, mais de la protection des intérêts des transnationales semencières américaines (qui, en vertu des ordonnances Bremer, sont exonérées d´impôts, ne sont pas obligées de réinvestir dans le pays et possèdent le droit de rapatrier tous leurs profits). Pour être qualifiées, les plantes doivent être « nouvelles, distinctes, uniformes et stables », des critères que les plantes traditionnelles ne peuvent pas remplir.

Ces sociétés étrangères détiennent un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduit dans les règles de l´OMC- dont l´Iraq ne fait pas partie) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l´exportation, l´importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes « similaires ».

Monsantoa fait un hold-up sur les semences millénaires de l´Iraq pour les modifier génétiquement et les breveter. Et les agriculteurs sont maintenant contraints de payer pour pouvoir les cultiver [2].

Dans un premier temps, pour faciliter l´introduction de l´agriculture transgénique, le « ministère » irakien de l’Agriculture, à la façon d´un dealer de drogue dure, a distribuées quasi gratuitement les « nouvelles semences » aux fermiers irakiens. Sans leur dire qu´ils entraient ainsi dans un système infernal dont ils ne pourraient plus sortir.

Paysans dans la région de Kufa, Irak.

Les fermiers iraqiens rançonnés par les géants semenciers

L´ordonnance 81 a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d´une année sur l´autre, et les échanges entre voisins. (Selon la FAO, 97% des fermiers irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, au fil des générations, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région.

Les agriculteurs « coupables » d´avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d´emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations !

Le terrorisme alimentaire pratiqué par les multinationales comme Monsantodans les pays qu´elles colonisent a conduit au suicide de dizaines de milliers paysans du Tiers Monde - ruinés par l´achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés. Ainsi, pour la seule année 2003, 17 000 agriculteurs indiens auxquels les banques ne voulaient plus prêter d´argent pour acheter les semences de Monsanto se sont suicidés.

Vers le contrôle total de la chaîne alimentaire par les
transnationales américaines

Les bombardements incessants depuis 1991 avec des armes à l´uranium appauvri - qui ont transformé le pays en une vaste déchetterie radioactive - et l´embargo de treize ans, avaient déjà commencé de détruire l´agriculture irakienne - anéantissement du système d´irrigation, du matériel agricole et des palmiers dattiers [3]. De 1990 (date de l´instauration des sanctions) à 2003, le volume de la production de céréales avait diminué de moitié. Les troupeaux d´animaux d´élevage ont été décimés.

En plus de subir les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraqiens, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées pour moitié à l´exportation mondiale (ou aux troupes d´occupation, comme les variétés de blé réservées à la fabrication de pâtes, étrangères au régime alimentaire irakien), au seul bénéfice de Monsantoet consorts. Ceci alors même que la population irakienne meurt de faim [4]. C´est pourquoi, à l’instar de leurs homologues afghans, de plus en plus de fermiers désespérés abandonnent la culture des céréales pour celle de l´opium.

Les chimères issues des nécro-technologies représentent un très grave danger sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Elles entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui est provoquée par l´uranium appauvri. Par ailleurs, elles peuvent être utilisées dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses [5].

Les OGM constituent l´une des principales armes des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial pour asservir l´une après l´autre les populations du monde entier. L´Iraq est devenue le nouveau laboratoire en grandeur réelle de cet instrument de domination diabolique, et les Irakiens les cobayes.


Sources

Michel Chossudovky :
Sowing the Seeds of Famine in Ethiopia, 10 septembre 2001.

William Engdhal :
WTO, GMO and Total Spectrum Dominance, 29 mars 2006,
et Le pillage « libéral » de l’Irak, 14 novembre 2005.

Ghali Hassan :
Iraq´s New Constitution, 17août 2005,
et Biopiracy and GMOs : The Fate of Iraq’s Agriculture, 12 décembre 2005.

Stephen Lendman :
Unleashing GMO Seeds : "Food is Power"

Reviewing F. William Engdahl’s Seeds of Destruction , Part 3. 19 janvier 2008.

Agribusiness Giants seek to gain Worldwide Control over our Food Supply, 7 janvier 2008.

Arun Shrivastava :
Suicides en masse de fermiers indiens : ce qui se profile à l´horizon, 14 novembre 2006.

Jeffrey Smith :
Genetically Modified Foods Unsafe ? Evidence that Links GM Foods to Allergic Responses Mounts, 8 novembre 2007.

ORDER 81 : Re-engineering Iraqi agriculture, 27 août 2005.

Autres documents et articles consultés :

L’ordonnance n° 81

William Engdahl, Iraq and Washington´s seeds of democracy

Christopher D. Cook, Plowing for Profits U.S. Agribusiness Eyes Iraq´s Fledgling Markets, In These Times, 15 mars 2005.

Iraq’s New Patent Law : A Declaration of War Against Farmers Focus on the Global South and GRAIN, 15 oct 04.

Iraq’s Crop Patent Law - A Threat To Food Security, by GM Free Cymru, 03 March 2005.

Patrick Cockburn, Desesperate Iraqi Farmers Turn to Opium, 24 janvier 2008.


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